Le Ghana enregistre une amélioration notable de ses indicateurs de pauvreté, mais cette progression masque des disparités persistantes entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre régions.
Selon les dernières données publiées le 21 janvier 2025 par le Ghana Statistical Service, le taux de pauvreté multidimensionnelle est passé de 24,9 % au quatrième trimestre 2024 à 21,9 % au troisième trimestre 2025. Cette baisse traduit une amélioration des conditions de vie pour plusieurs centaines de milliers de ménages, avec plus de 360 000 personnes sorties de la pauvreté entre le deuxième et le troisième trimestre 2025.
Mesurée à partir de l’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM), cette évolution tient compte de facteurs liés à la santé, l’éducation, l’emploi et les conditions de vie. À la fin du troisième trimestre 2025, environ 7,2 millions de Ghanéens vivaient encore en situation de pauvreté multidimensionnelle, contre 8,1 millions un an plus tôt, selon le statisticien en chef Alhassan Iddrisu.
Un fossé rural-urbain toujours profond
Malgré cette tendance positive, la pauvreté demeure nettement plus élevée en milieu rural, où elle atteint 31,9 %, contre 14,2 % en milieu urbain. Les régions du Nord-Est et de la Savane figurent parmi les plus touchées, avec plus d’un habitant sur deux vivant sous le seuil de pauvreté multidimensionnelle. À l’inverse, le Grand Accra et la région de l’Ouest affichent des taux inférieurs à 20 %, illustrant un déséquilibre territorial structurel.
Les principales sources de privation identifiées concernent la couverture d’assurance maladie, la nutrition, la surpopulation des logements et l’accès à l’assainissement, soulignant des défis persistants en matière de services sociaux de base et d’infrastructures.
Des politiques publiques axées sur la croissance inclusive
Face à ces enjeux, les autorités ghanéennes poursuivent le déploiement de politiques ciblées de réduction de la pauvreté. La stratégie GPRS II (Ghana Poverty Reduction Strategy) vise une baisse significative des inégalités d’ici 2027, en misant sur la croissance économique, l’augmentation de la productivité agricole, l’amélioration de l’accès aux soins et à l’éducation, ainsi que la promotion de l’égalité des genres.
Le programme Livelihood Empowerment Against Poverty (LEAP) continue également de fournir des transferts monétaires aux ménages les plus vulnérables, tandis qu’un plan gouvernemental dévoilé en octobre 2025 prévoit la création d’environ 500 000 emplois dans le secteur agricole, dans l’optique de stimuler l’emploi rural et de renforcer l’inclusion économique.
Une trajectoire positive, mais encore inégale
Si les indicateurs récents confirment une réduction progressive de la pauvreté, ils rappellent aussi que la croissance économique ne bénéficie pas encore de manière uniforme à l’ensemble du territoire ghanéen. La réduction des écarts régionaux et l’amélioration des conditions de vie en milieu rural restent ainsi des leviers centraux pour inscrire les progrès du pays dans une dynamique durable et inclusive.




