Présenté comme la future première mine d’uranium de Mauritanie, le projet Tiris continue de progresser, malgré un contexte financier encore fragile. Faute d’avoir sécurisé l’intégralité des capitaux nécessaires, son opérateur, la compagnie australienne Aura Energy, s’appuie pour l’instant sur des ressources internes et des levées de fonds intermédiaires pour maintenir le chantier sur les rails.
Dans une note publiée le 2 février, Aura Energy a annoncé son intention de finaliser une levée de 20 millions de dollars australiens (environ 13 millions USD) d’ici au 10 février. Ce financement, soutenu par plusieurs investisseurs institutionnels australiens et étrangers, permettra de poursuivre les travaux de développement de Tiris. Le président exécutif du groupe, Philip Mitchell, s’est félicité du « fort soutien » obtenu et a précisé que les fonds seront affectés à l’optimisation du schéma de procédé et à l’avancement du projet, en vue d’une décision finale d’investissement au troisième trimestre 2026.
Estimé à 230 millions USD, Tiris doit entrer en service en 2027 et produire en moyenne 2 millions de livres d’uranium par an. Aura Energy cherche depuis plusieurs mois à boucler son financement, notamment auprès d’une « banque de développement occidentale », sans succès pour le moment. La nouvelle levée permettra néanmoins de financer les activités d’exploration supplémentaires et les études nécessaires pour franchir l’étape décisive de la FID.
L’entreprise mise sur un contexte international favorable. Le regain d’intérêt pour le nucléaire, particulièrement marqué aux États-Unis, dope l’attrait pour l’uranium. Le minerai a d’ailleurs été réinscrit sur la liste des minéraux critiques par l’U.S. Geological Survey, tandis que les cours à terme ont franchi la barre symbolique des 100 USD la livre la semaine dernière, un plus haut depuis plus d’une décennie.
Pour la Mauritanie, Tiris représente plus qu’une simple première dans le secteur de l’uranium. Le projet pourrait devenir une nouvelle source majeure de revenus pour un pays dont l’activité minière repose principalement sur le fer et l’or. La convention minière signée en 2023 prévoit que l’État mauritanien puisse détenir jusqu’à 20 % du capital de la future mine et percevoir une redevance de 3,5 % sur son chiffre d’affaires. Une perspective qui renforce les enjeux autour du bon déroulement du projet et de sa capacité à attirer les financements manquants.




