Burkina Faso : l’État prépare la création d’une holding bancaire pour mieux piloter ses participations

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Face à une présence croissante de l’État dans le capital des banques, le Burkina Faso s’apprête à franchir une étape stratégique. Le gouvernement prévoit de créer en 2026 une holding bancaire publique chargée de détenir, gérer et optimiser les participations étatiques dans plusieurs institutions financières nationales. L’annonce a été faite le 2 février 2026 par le ministre de l’Économie, Aboubakar Nacanabo, lors de la présentation des projets phares de son département.

Cette future structure aura pour mission de centraliser la gestion des participations de l’État, d’assurer un suivi plus rigoureux de la performance des banques concernées et de préparer d’éventuelles opérations de restructuration, d’ouverture du capital ou de partenariats stratégiques. Elle doit ainsi permettre un pilotage plus cohérent et plus professionnel de l’investissement public dans le secteur bancaire.

Selon le rapport annuel 2024 de la Commission bancaire de l’UEMOA, le Burkina Faso comptait, fin décembre 2024, 20 établissements de crédit, dont 16 banques et 4 établissements financiers. L’État y détient des participations dans 11 banques, pour un capital global estimé à 62,34 milliards FCFA (111,8 millions USD), essentiellement concentré dans les banques publiques. Il est également actionnaire dans 3 des 4 établissements financiers du pays.

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L’influence de l’État burkinabè est particulièrement marquée dans certaines institutions. Il détient 100 % du capital de la Banque commerciale du Burkina. En juin 2025, la Loterie nationale burkinabè a obtenu l’autorisation d’entrer au capital de la Banque agricole du Faso, via un investissement évalué à 5,2 millions de dollars.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance régionale observable au sein de l’UEMOA. Entre 2019 et 2023, les participations étatiques dans les établissements de crédit de l’Union ont plus que doublé, passant de 300,6 milliards à 641,9 milliards FCFA. En 2023, 23 établissements de crédit, représentant 21,3 % des actifs bancaires de la zone, étaient majoritairement contrôlés par des États ou des entités publiques.

La future holding pourrait donc permettre au Burkina Faso d’adopter une gouvernance plus harmonisée, à l’image d’autres pays de l’Union, et de mieux préparer les réformes nécessaires pour renforcer la solidité du système bancaire national. À mesure que s’accroît la part de l’État dans le secteur, l’enjeu est désormais d’assurer une gestion plus efficace, capable de soutenir le financement de l’économie tout en limitant les risques pour les finances publiques.

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