Le Sénégal a ouvert, jeudi 26 février 2026, la période de souscription de son premier appel public à l’épargne de l’année, avec pour objectif de mobiliser 200 milliards FCFA, soit environ 360 millions de dollars, sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). L’opération, arrangée par Invictus Capital & Finance, se poursuivra jusqu’au 19 mars 2026.
Financer le budget 2026 et l’Agenda national de transformation
Les fonds levés contribueront au financement du budget 2026, arrêté à 7433,9 milliards FCFA (13,4 milliards de dollars), en hausse de 12,4 % par rapport à 2025.
Ils soutiendront également l’Agenda national de transformation, un programme destiné à accélérer les chantiers structurants, moderniser les politiques publiques et renforcer la croissance inclusive.
Selon le ministère des Finances et du Budget, cette opération d’emprunt s’inscrit dans la stratégie de gestion de la dette à moyen terme et vise également à profondir le marché régional des capitaux, où Dakar figure parmi les émetteurs les plus actifs.
Un contexte financier délicat marqué par un surendettement inédit
Ce recours renouvelé au marché régional intervient alors que la situation de dette du Sénégal est jugée particulièrement préoccupante.
Selon le FMI, la dette publique élargie – incluant celle des entreprises d’État – a atteint 132 % du PIB à fin 2024, l’un des niveaux les plus élevés de l’histoire économique du pays.
Cette détérioration trouve son origine dans la crise déclenchée en 2024, lorsque des irrégularités majeures dans la comptabilisation des déficits et de la dette ont été révélées. La Cour des comptes a confirmé par la suite que la dette pour l’année 2023 était sous-estimée de 25 points de PIB dans les chiffres officiels.
Pour faire face à ses besoins de financement en 2025, Dakar avait déjà mobilisé 4004 milliards FCFA sur le marché de l’UEMOA, accentuant sa dépendance à l’endettement régional.
Des risques renforcés à l’approche de l’échéance de l’eurobond de mars 2026
Cette nouvelle levée de fonds intervient à un moment critique pour la soutenabilité financière du pays.
Le Sénégal doit en effet honorer, en mars 2026, le remboursement d’un eurobond d’un milliard d’euros, une échéance majeure qui pèse fortement sur ses perspectives budgétaires.
Pour les investisseurs régionaux, l’intensification du recours aux émissions de dette par Dakar représente un risque non négligeable, susceptible d’exercer une pression accrue sur la liquidité du marché sous-régional.




