Ghana : vers une filière nationale de carburant d’aviation durable pour réduire la dépendance énergétique

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Dépendant de fournisseurs étrangers pour approvisionner son secteur aérien, le Ghana explore désormais une voie stratégique : la production locale de carburant d’aviation durable (SAF). Le mardi 24 février 2026, l’Autorité ghanéenne de l’aviation civile a annoncé avoir reçu le rapport final de l’étude de faisabilité menée avec l’appui de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), financée par le Royaume-Uni. Le document évalue les capacités techniques, agricoles et industrielles du pays pour bâtir une filière SAF crédible à l’échelle nationale.

Le SAF, produit à partir de matières premières non pétrolières, est considéré par l’OACI comme un instrument central pour atteindre la neutralité carbone du transport aérien mondial d’ici 2050. Au Ghana, l’étude confirme que des conditions favorables existent déjà. Le pays peut notamment s’appuyer sur une disponibilité importante de résidus et sous-produits agricoles — cacao, riz, huile de palme — qui peuvent servir d’intrants pour la fabrication de carburants durables. Le rapport souligne également la présence d’infrastructures de raffinage susceptibles d’être adaptées, fournissant ainsi un point d’appui industriel pour la future filière.

L’initiative s’inscrit dans une dynamique continentale plus large. Plusieurs pays africains — Nigeria, Kenya, Égypte, Maroc, Afrique du Sud, Zimbabwe — évaluent eux aussi leur potentiel de production, avec une même ambition : réduire la dépendance aux marchés internationaux, où se concentrent aujourd’hui les principaux producteurs. Pour les compagnies aériennes africaines, l’accès aux carburants durables reste en effet un défi majeur. Les coûts d’importation et la logistique pèsent lourdement sur leurs charges d’exploitation, réduisant leur compétitivité.

Au Ghana comme ailleurs en Afrique, disposer de ressources agricoles ou de biomasse ne suffira pourtant pas. La réussite de ces initiatives dépendra de la capacité des États à mobiliser des investissements significatifs, à bâtir un cadre réglementaire attractif et stable, et à attirer des partenaires industriels capables d’assurer la transformation du potentiel théorique en capacités de production effectives. La Banque mondiale rappelle d’ailleurs que l’Afrique dispose d’un gisement important de biomasse, mais que l’organisation des chaînes d’approvisionnement et les infrastructures de collecte, de transformation et de transport restent souvent insuffisantes pour garantir une production régulière et compétitive.

Pour Accra, la feuille de route qui se dessine vise ainsi autant la réduction de la dépendance énergétique que l’opportunité de créer une nouvelle filière industrielle, susceptible d’ancrer davantage de valeur ajoutée dans l’économie nationale. Si les conditions sont réunies, le Ghana pourrait devenir l’un des premiers pays d’Afrique de l’Ouest à structurer un marché du SAF, dans un contexte où la transition énergétique du transport aérien s’impose progressivement à l’échelle mondiale.

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