Sécurité routière : le Sénégal s’inspire des réformes ivoiriennes pour moderniser la gestion du trafic

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Le Sénégal poursuit ses efforts pour améliorer la gestion du trafic routier et réduire les accidents de la circulation. Dans cette perspective, une délégation du ministère sénégalais des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens a effectué une mission d’étude à Abidjan du 4 au 7 mars 2026 afin d’examiner les réformes engagées par la Côte d’Ivoire dans le domaine de la sécurité routière et de la régulation du trafic.

Cette visite a permis aux responsables sénégalais d’échanger avec les autorités ivoiriennes sur plusieurs dispositifs récemment déployés, notamment la Police Spéciale de la Sécurité Routière (PSSR), la vidéo-verbalisation via la plateforme Quipux, ainsi que l’utilisation de systèmes de transport intelligents et la modernisation du contrôle technique automobile.

Les discussions ont également porté sur les grands projets de mobilité urbaine développés à Abidjan, notamment le futur Métro d’Abidjan et le système de Bus Rapid Transit d’Abidjan (BRT). Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à fluidifier la circulation et à améliorer l’organisation des transports urbains dans la capitale économique ivoirienne.

Selon le ministère sénégalais des Transports, cette mission doit se poursuivre par des visites techniques et une réunion de synthèse afin d’identifier les outils technologiques et les réformes susceptibles d’être adaptés au contexte sénégalais.

Des réformes en cours pour restructurer le transport routier

Cette démarche intervient alors que les autorités sénégalaises ont engagé plusieurs mesures pour renforcer la sécurité routière et restructurer le secteur du transport.

Début mars, une opération de rappel visant les minibus interurbains de 12 à 19 places a notamment été lancée afin de procéder à des contrôles techniques obligatoires. Parmi les mesures envisagées figurent également l’installation de balises GPS pour limiter les excès de vitesse, le renouvellement progressif du parc automobile, la lutte contre la surcharge de passagers et de bagages, l’obligation d’aménager des espaces de rangement à l’intérieur des véhicules, l’utilisation de gares routières légales et le renforcement des contrôles sur les axes routiers.

Les enjeux sont importants pour le pays. Selon les données de la Gendarmerie nationale, le Sénégal enregistre en moyenne 5 200 accidents de la route par an, causant environ 745 décès et 8 500 blessés graves.

Au-delà du bilan humain, ces accidents représentent également un coût économique significatif. Les pertes associées sont estimées entre 4 % et 5 % du produit intérieur brut, soit environ 163 milliards de francs CFA (286 millions de dollars) par an.

En s’inspirant de l’expérience ivoirienne en matière de digitalisation des dispositifs de contrôle et de gestion du trafic, les autorités sénégalaises espèrent renforcer l’efficacité de leurs politiques de sécurité routière et réduire durablement les risques sur les routes du pays.

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