Nigeria : une nouvelle stratégie pour relancer la filière huile de palme et réduire les importations

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Le Nigeria accélère sa stratégie de relance de la filière huile de palme, dans un contexte de stagnation de la production locale et de forte dépendance aux importations. Le gouvernement a présenté, le 2 avril à Abuja, une feuille de route nationale visant à restructurer et développer ce secteur stratégique.

L’objectif affiché est ambitieux : capter 10 % du marché mondial de l’huile de palme à l’horizon de six ans et atteindre l’autosuffisance d’ici 2050.

Un plan axé sur la production et la transformation

La stratégie repose sur plusieurs axes structurants. Elle prévoit notamment l’amélioration des rendements agricoles, l’extension des superficies cultivées et la modernisation des infrastructures de transformation.

Au-delà de la production primaire, le gouvernement entend également renforcer l’intégration de la chaîne de valeur afin de capter davantage de valeur ajoutée localement.

Une réforme de la gouvernance du secteur

Le plan introduit également une réforme institutionnelle visant à structurer durablement la filière. Il prévoit la création d’un Conseil national de l’huile de palme, ainsi que la mise en place de mécanismes de financement dédiés, dont un fonds de développement de la filière et un fonds spécifique pour les petits producteurs.

Selon Alphonsus Nyang, cette initiative constitue une première pour le pays, qui ne disposait jusqu’ici pas de cadre stratégique global pour piloter le secteur.

L’objectif est de s’inspirer des modèles de gouvernance mis en place dans des pays leaders comme l’Indonésie et la Malaisie, afin de structurer l’industrie et améliorer sa compétitivité.

Une production encore insuffisante

Malgré son rang de cinquième producteur mondial, le Nigeria peine à couvrir sa demande intérieure. La production locale ne satisfait qu’environ 75 % des besoins du marché.

Selon les projections, le pays devrait produire 1,5 million de tonnes d’huile de palme en 2026, un niveau stable par rapport à l’année précédente, alors que la consommation est estimée à 1,95 million de tonnes.

Une dépendance persistante aux importations

Ce déficit est comblé par des importations, dominées par la Malaisie, qui fournit près de 92 % des volumes importés. Le reste provient notamment du Ghana, de l’Indonésie et de la Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, le marché est également alimenté par des flux informels en provenance de pays voisins comme le Bénin, le Togo et le Cameroun, ce qui complique la régulation du secteur.

Un enjeu de souveraineté et de compétitivité

À travers cette nouvelle stratégie, le Nigeria cherche à réduire sa dépendance extérieure, à renforcer sa souveraineté alimentaire et à positionner sa filière comme un moteur de croissance industrielle.

La réussite de cette transformation dépendra toutefois de la capacité des autorités à mobiliser les financements, à structurer la gouvernance et à améliorer durablement la productivité du secteur.

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