Togo : le FIFTO mise sur les langues locales pour dynamiser le cinéma africain

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Dans un contexte marqué par des difficultés de financement et de diffusion, l’industrie cinématographique togolaise cherche à se structurer et à gagner en visibilité. C’est dans cette dynamique que s’est ouverte, le 14 avril à Lomé, la 9ᵉ édition du Festival international du film du Togo (FIFTO).

Prévu jusqu’au 18 avril, l’événement réunit 33 œuvres, mêlant documentaires et fictions, issues de plusieurs pays africains et internationaux.

Une édition centrée sur les récits locaux

Cette année, le festival met à l’honneur le thème : « Raconter nos réalités : cinéma africain en langues locales et récits du quotidien ». Une orientation qui traduit la volonté des organisateurs de promouvoir des contenus ancrés dans les réalités socioculturelles du continent.

Des productions venues notamment du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Gabon, du Sénégal, de la France et du Togo sont en compétition, tandis qu’une sélection hors compétition élargit la programmation à d’autres horizons, dont la Chine, le Mali et le Niger.

Un espace d’échanges et de structuration

Au-delà des projections, le FIFTO se positionne comme une plateforme de dialogue entre professionnels du secteur. Des masterclass sont organisées afin de favoriser la transmission de compétences entre cinéastes confirmés et jeunes talents.

Le festival prévoit également la signature d’un accord de coproduction entre le Togo et le Sénégal, pays invité d’honneur, illustrant une volonté de renforcer les synergies régionales dans un secteur encore fragmenté.

Un secteur confronté à des défis structurels

Malgré ces initiatives, la diffusion des œuvres reste un défi majeur pour les productions locales, en raison notamment du manque de circuits de distribution adaptés et de financements structurés.

Pour le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, le cinéma constitue pourtant un levier stratégique : un outil de transmission culturelle, mais aussi un vecteur d’expression des réalités sociales dans des sociétés où l’image et l’oralité occupent une place centrale.

Lecture stratégique

À travers le FIFTO, le Togo cherche à consolider les bases d’une industrie cinématographique locale, en misant sur la valorisation des identités culturelles et la coopération régionale. Reste à traduire cette dynamique en modèles économiques viables, capables d’assurer la production, la distribution et la monétisation durable des œuvres africaines.

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