Burkina Faso : l’État vise 40 % dans la mine de Kiaka, West African Resources suspend sa cotation

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Le Burkina Faso accélère sa stratégie de montée en puissance dans le secteur aurifère. L’État envisage de porter sa participation dans la mine de Kiaka de 15 % à 40 %, une opération qui reste en cours de formalisation et suscite déjà des réactions du marché.

La compagnie australienne West African Resources (WAF), actionnaire majoritaire du projet à hauteur de 85 %, a annoncé le 17 avril la suspension de la cotation de ses actions sur l’Australian Securities Exchange. Cette décision intervient dans l’attente d’une communication liée à la publication d’un décret gouvernemental encadrant cette prise de participation.

Mise en service en juin 2025, la mine de Kiaka constitue l’un des actifs stratégiques du pays. Dans le cadre du nouveau code minier entré en vigueur en 2024, les autorités burkinabè avaient exprimé dès septembre leur volonté d’accroître leur part dans le capital des projets extractifs, moyennant compensation financière.

Le projet de décret en cours prévoit ainsi l’acquisition de 25 % supplémentaires par l’État, ce qui porterait sa participation totale à 40 %. Une étape juridique indispensable pour concrétiser cette opération, qui reste à ce stade qualifiée de « potentielle » par WAF. Aucun détail n’a encore été communiqué sur les modalités financières ni sur l’état d’avancement des négociations entre les deux parties.

Pour Ouagadougou, cette initiative s’inscrit dans une logique de renforcement du contrôle public sur les ressources minières, dans un contexte de réformes visant à maximiser les retombées économiques du secteur.

L’enjeu est d’autant plus stratégique que Kiaka représente un levier significatif pour la production nationale. En 2026, West African Resources prévoit une production pouvant atteindre 280 000 onces d’or, soit environ 8,7 tonnes, ce qui correspondrait à près de 16 % de la production industrielle du pays, estimée à 52 tonnes en 2025.

Dans l’attente de clarifications sur le cadre réglementaire et les termes de l’opération, WAF a indiqué qu’une communication officielle pourrait intervenir prochainement, conditionnant la reprise de la cotation de ses titres sur l’ASX.

Cette évolution confirme la tendance observée dans plusieurs pays producteurs africains, où les États cherchent à accroître leur participation dans les projets miniers afin de capter une part plus importante de la valeur générée par l’exploitation des ressources naturelles.

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