La Sierra Leone poursuit sa stratégie d’exploration offshore. La Direction du pétrole du pays (PDSL) a signé, mercredi 22 avril à Paris, un accord de permis de reconnaissance avec Shell, en marge du Forum « Invest in African Energy 2026 ».
Un vaste programme d’études sur 19 blocs
L’accord porte sur dix-neuf blocs situés en mer, couvrant une superficie d’environ 20 594 km². Il autorise la major pétrolière à mener des travaux géologiques et géophysiques avancés afin d’évaluer le potentiel en hydrocarbures du sous-sol sierra-léonais.
Le programme inclut notamment l’interprétation de données sismiques, l’analyse pétrophysique, la modélisation de bassin et l’identification des pièges géologiques. À terme, ces travaux doivent permettre de cartographier les zones les plus prometteuses et de préparer les futurs appels d’offres pétroliers.
Pour le président Julius Maada Bio, cet accord constitue un « moment déterminant » dans la valorisation des ressources nationales, tandis que le directeur général de la PDSL, Foday Mansaray, y voit une validation des efforts engagés pour renforcer l’attractivité du secteur.
Une stratégie recentrée sur la donnée
Ce partenariat s’inscrit dans une approche progressive, axée sur la valorisation des données géoscientifiques afin de réduire les risques pour les investisseurs. Les résultats des études menées par Shell serviront de base pour sélectionner les blocs à proposer lors des prochains cycles d’attribution.
La démarche fait suite à un accord similaire conclu en 2025 avec le groupe Eni sur cinq blocs offshores, marquant une première ouverture du pays à de grands opérateurs internationaux.
Quarante ans de prospection sans découverte commerciale
Malgré plusieurs décennies d’exploration, la Sierra Leone ne dispose toujours pas de gisement commercial d’hydrocarbures. Depuis les années 1980, huit puits ont été forés, aboutissant à quatre découvertes jugées non exploitables.
Plusieurs cycles d’attribution de licences ont été lancés depuis 2002, sans succès notable. Face à ces résultats, les autorités ont revu leur stratégie en privilégiant l’amélioration de la connaissance du sous-sol et la qualité des données sismiques pour attirer des partenaires capables de s’engager dans des campagnes de forage.
Dans cette perspective, Freetown prépare un sixième cycle d’attribution, qui s’appuiera sur de nouvelles données sismiques 3D. L’objectif est de franchir une étape décisive dans la quête du premier gisement commercial du pays.
Y.N.




