Nigeria : le régulateur pousse les raffineurs vers l’amont pour sécuriser l’approvisionnement en brut

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Face aux contraintes persistantes d’accès au pétrole brut, le Nigeria explore une nouvelle orientation stratégique pour soutenir son industrie du raffinage. Le régulateur de l’amont pétrolier, Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), appelle désormais les raffineurs privés à investir directement dans l’exploration-production.

Lors d’une rencontre tenue le 27 avril à Abuja avec la Crude Oil Refinery Owners Association of Nigeria (CORAN), la directrice générale du régulateur, Oritsemeyiwa Eyesan, a présenté cette intégration comme une réponse structurelle aux difficultés récurrentes d’approvisionnement en brut.

Vers une intégration verticale du secteur

Le régulateur recommande aux opérateurs du raffinage de se positionner sur les blocs pétroliers lors des prochains appels d’offres. L’objectif est de leur permettre de sécuriser directement leurs sources d’approvisionnement, dans un contexte où l’accès au brut reste incertain malgré l’abondance des ressources nationales.

Cette approche vise à stabiliser les flux d’approvisionnement, améliorer la viabilité commerciale des raffineries et renforcer la participation locale sur l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière.

Un problème d’organisation plus que de ressources

Selon la NUPRC, le principal défi ne réside pas dans la disponibilité du brut, mais dans la structuration des flux et des infrastructures. Les autorités pointent notamment des insuffisances en matière de pipelines, de stockage et de logistique maritime, qui entravent la fluidité des approvisionnements.

À court terme, le régulateur préconise également la mise en place de contrats d’approvisionnement à long terme entre producteurs et raffineurs, afin d’améliorer la visibilité sur les volumes et les prix.

Dangote, modèle d’intégration

Cette stratégie est déjà illustrée par le Dangote Group, qui développe une intégration complète entre amont et aval. Le groupe prévoit de lancer la production sur son champ Kalaekule, situé sur la licence OML 72 acquise auprès de Shell, avec une production initiale de 20 000 barils par jour, appelée à atteindre 100 000 barils sur les blocs OML 72 et 71.

Le brut extrait sera destiné à alimenter directement sa raffinerie, renforçant ainsi la sécurisation de son approvisionnement.

Un enjeu clé pour la souveraineté énergétique

Au-delà des enjeux industriels, cette orientation répond à un objectif plus large : réduire la dépendance du Nigeria aux importations de produits pétroliers, préserver les réserves en devises et soutenir la création de valeur locale.

Sa mise en œuvre suppose toutefois des investissements importants et une montée en compétences des opérateurs, dans un environnement marqué par des exigences élevées en capital et en gestion des risques.

À travers cette stratégie, Abuja cherche à transformer en profondeur son secteur pétrolier, en favorisant une intégration accrue entre production et transformation, condition essentielle pour bâtir une industrie énergétique plus résiliente et compétitive.

Y.H.

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