Nigeria : l’État plafonne le carburant aviation pour éviter des perturbations du trafic aérien

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Face à la flambée des coûts du kérosène, le Nigeria opte pour une intervention directe afin de stabiliser le secteur du transport aérien. Les autorités ont annoncé, le 28 avril, un encadrement temporaire des prix du carburant aviation, dans un contexte de fortes tensions sur les coûts d’exploitation des compagnies.

Le régulateur de l’aval pétrolier, Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA), a fixé une fourchette de prix comprise entre 1 760 et 1 988 nairas par litre à Lagos, et entre 1 809 et 2 037 nairas à Abuja, sur la base des niveaux observés entre le 17 et le 23 avril.

Une réponse d’urgence à la pression des coûts

Cette mesure s’inscrit dans un dispositif plus large issu de concertations avec les compagnies aériennes et les fournisseurs. Le gouvernement a notamment accordé un allègement de 30 % des dettes des opérateurs vis-à-vis des agences aéronautiques, ainsi qu’un délai de paiement de 30 jours pour l’achat de carburant.

Un comité technique recommande également de rationaliser la chaîne d’approvisionnement, en favorisant la vente directe du carburant par les fournisseurs aux compagnies, afin de réduire les coûts intermédiaires et d’améliorer la transparence.

Un secteur fragilisé par la hausse des prix

L’intervention publique intervient après une hausse de plus de 270 % du prix du kérosène, qui a fortement impacté la rentabilité des compagnies. Dans certains cas, le carburant représente jusqu’à 40 % des charges d’exploitation, un niveau supérieur aux standards internationaux.

Cette situation a conduit plusieurs opérateurs à relever leurs tarifs, voire à envisager des réductions de capacité, faisant peser un risque sur la continuité des vols domestiques.

Des facteurs externes et structurels

La pression sur les prix s’explique en partie par les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie, notamment liées aux incertitudes géopolitiques. À cela s’ajoutent des contraintes structurelles, comme les coûts d’approvisionnement et la dépendance aux importations.

Dans ce contexte, les autorités envisagent d’intégrer le kérosène dans l’initiative « naira contre brut », afin de limiter l’exposition du secteur aux fluctuations des devises étrangères.

Entre stabilisation et risques de distorsion

Si le plafonnement vise à contenir les effets de la crise à court terme, il soulève des interrogations dans un marché officiellement dérégulé. Certains acteurs redoutent des effets pervers, tels que des pénuries ou le développement de circuits informels.

Dans ce cadre, les discussions engagées avec Dangote Refinery apparaissent comme un levier structurant pour ajuster durablement les coûts, notamment à travers la révision des primes appliquées aux prix internationaux.

À travers ces mesures, Abuja tente de concilier stabilisation immédiate et réformes structurelles, dans un secteur stratégique pour la connectivité et l’activité économique du pays.

A.S.

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