Guinée : Arrow Minerals privilégie la négociation malgré la montée des arbitrages miniers

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Depuis la vague de retraits de permis miniers opérée en 2025, la Guinée fait face à une multiplication des contentieux avec des compagnies étrangères. Entre recours à l’arbitrage international et tentatives de règlement amiable, les stratégies divergent, révélant les tensions autour de la sécurité juridique du secteur extractif.

Près d’un an après la révocation de plusieurs titres, certaines entreprises ont déjà engagé des procédures pour obtenir des compensations financières. D’autres, à l’image de la junior australienne Arrow Minerals, privilégient encore le dialogue avec les autorités de Conakry.

Une stratégie axée sur la négociation

La société a récemment signé un protocole d’accord avec la Société Guinéenne du Patrimoine Minier (Soguipami), l’entité publique en charge de la gestion des actifs miniers. Les discussions portent sur ses projets de bauxite Niagara et de fer de Simandou Nord, dont les permis ont été retirés.

L’objectif affiché est d’obtenir davantage de « clarté et de certitude » sur le statut de ces titres, afin de permettre une reprise progressive des activités d’exploration et des investissements associés. À ce stade, l’accord reste non contraignant, et son issue dépendra de l’évolution des discussions avec les autorités.

Ce blocage a déjà eu des conséquences opérationnelles. Sur le projet Niagara, Arrow Minerals a suspendu ses investissements, notamment ceux liés à une étude économique préliminaire. Le gisement, estimé à 185 millions de tonnes de bauxite, constitue pourtant un actif stratégique. De son côté, Simandou Nord reste à un stade exploratoire, bien que situé dans une zone géologique prometteuse.

Un secteur sous tension juridique

L’approche d’Arrow Minerals contraste avec celle d’autres opérateurs qui ont choisi la voie judiciaire. Des entreprises comme Falcon Energy Materials et Axis Minerals ont engagé des arbitrages internationaux, réclamant respectivement 100 millions de dollars et 28,9 milliards de dollars de compensations.

Dans le même temps, Emirates Global Aluminium (EGA), confrontée à la perte de ses actifs, maintient une position intermédiaire, combinant pression juridique et recherche d’un accord amiable.

Ces différends interviennent dans un contexte où les autorités guinéennes procèdent à une réévaluation des permis miniers, sans communication détaillée sur les critères ayant motivé les retraits. Cette incertitude alimente les tensions avec les investisseurs et freine la relance de certains projets.

Un test pour l’attractivité minière

Le cas d’Arrow Minerals illustre une stratégie prudente, fondée sur la négociation plutôt que sur la judiciarisation. Toutefois, cette approche reste suspendue à la capacité des autorités à clarifier le cadre réglementaire et à rétablir la confiance.

Dans un pays où le secteur minier constitue un pilier économique majeur, l’issue de ces discussions sera déterminante. Elle pourrait conditionner non seulement la reprise des investissements en cours, mais aussi l’attractivité future de la Guinée auprès des investisseurs internationaux.

S.L.

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