Niger : une nouvelle usine pharmaceutique privée pour réduire la dépendance aux importations

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Le Niger poursuit sa stratégie de renforcement de sa souveraineté sanitaire avec un nouveau projet industriel dans le secteur pharmaceutique. Réuni en Conseil des ministres le 18 mai, le gouvernement a accordé à la société West African Glory Pharmaceutical Sarl les avantages du régime conventionnel du Code des investissements pour la construction d’une unité de fabrication de produits pharmaceutiques à Guesselbodi, dans la région de Tillabéri.

Selon le communiqué officiel, le projet représente un investissement estimé à 20,5 milliards FCFA (36,2 millions de dollars). L’unité industrielle devrait générer 37 emplois permanents, en plus de plusieurs emplois temporaires mobilisés durant la phase de construction.

Pour les autorités, cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale visant à développer la production locale de médicaments, améliorer l’accès aux produits pharmaceutiques et réduire la dépendance structurelle du pays aux importations.

Cet enjeu reste particulièrement important pour le Niger, dont les importations de produits pharmaceutiques ont atteint 66,9 milliards FCFA au quatrième trimestre 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique. Cette forte dépendance expose le pays aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement internationales, aux fluctuations des devises et aux vulnérabilités sanitaires externes.

Le projet intervient dans un contexte de réorganisation progressive de l’écosystème pharmaceutique national. En février 2025, le gouvernement avait déjà lancé la Nigérienne des industries pharmaceutiques (Niphar), nouvelle structure publique appelée à produire, distribuer et commercialiser médicaments, équipements médicaux et produits de parapharmacie, en remplacement de l’ancienne Soniphar.

À l’échelle régionale, cette dynamique s’inscrit également dans une logique de coopération entre pays de l’Alliance des États du Sahel. En septembre 2025, le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient annoncé un partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour mutualiser leurs capacités de production pharmaceutique locale.

Au-delà de l’enjeu industriel, cette orientation reflète une volonté politique plus large de repositionner la santé comme secteur stratégique. Pour l’exercice 2026, le gouvernement nigérien prévoit d’allouer plus de 110,6 milliards FCFA au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Si la montée en puissance d’une industrie pharmaceutique locale reste un chantier de long terme, l’arrivée d’investissements privés de cette taille marque une étape supplémentaire dans la construction d’une capacité nationale de production.

E.N.

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