Le coût des services mobiles poursuit sa baisse au Sénégal, dans un contexte où l’accessibilité tarifaire demeure un enjeu clé pour l’adoption des usages numériques. Selon les données officielles, les prix globaux des services mobiles ont diminué de 10,9 % au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, marquant le quatrième recul consécutif sur le marché national.
Ces chiffres proviennent de la dernière Note trimestrielle de l’indice des prix des services mobiles (IPSM) publiée conjointement par l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) et l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Calculé sur une base 100 en 2023, cet indicateur mesure l’évolution des tarifs appliqués aux principaux services mobiles, notamment la voix, les SMS et les données mobiles.
Une baisse portée par les offres data
Le repli observé entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026 s’explique principalement par des ajustements tarifaires chez les principaux opérateurs du marché.
Orange affiche la baisse la plus marquée, avec un recul de 17,2 % sur la période. Expresso enregistre une diminution de 3,5 %, tandis que Yas réduit ses prix de 1,8 %. À l’inverse, le MVNO Promobile a relevé ses tarifs de 3,4 %, mais son poids limité sur le marché réduit son influence sur l’évolution globale de l’indice.
Selon les régulateurs, cette tendance baissière est principalement tirée par les offres destinées aux gros consommateurs de données mobiles. Les profils davantage orientés vers la consommation de services vocaux ont, en revanche, connu des hausses tarifaires, bien que moins prononcées que les réductions observées sur les forfaits data.
Une meilleure accessibilité, mais encore au-dessus des standards internationaux
Cette évolution intervient alors que le coût des télécommunications reste un sujet sensible sur de nombreux marchés africains, où les consommateurs dénoncent régulièrement le poids des dépenses numériques dans leur budget.
Au Sénégal, le niveau d’accessibilité apparaît relativement meilleur que la moyenne continentale, mais reste encore perfectible.
Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le panier mobile combiné comprenant 70 minutes d’appels, 50 SMS et 1 Go de données représentait 2,57 % du revenu national brut par habitant en 2025, contre une moyenne africaine estimée à 4 %.
Ce ratio reste toutefois supérieur au seuil d’abordabilité de 2 % recommandé par l’organisation.
Pour l’Internet mobile seul, le Sénégal affiche un ratio de 4,68 %, légèrement inférieur à la moyenne continentale de 5,32 %.
Le prix n’est pas le seul frein
Si la baisse des tarifs constitue un signal favorable, elle ne suffit pas à elle seule à accélérer massivement l’inclusion numérique.
D’autres contraintes structurelles continuent de peser sur l’adoption des services télécoms, notamment la couverture réseau, la qualité de service et l’accès aux terminaux compatibles.
Selon la Banque mondiale, 60,84 % des Sénégalais âgés de plus de 15 ans possèdent un smartphone, un indicateur qui reste déterminant dans la consommation effective de services numériques.
À fin décembre 2025, le Sénégal comptait officiellement 23,38 millions d’abonnements à l’Internet mobile, soit un taux de pénétration de 125,78 %, selon l’ARTP. Un chiffre à relativiser, les statistiques sectorielles comptabilisant chaque carte SIM active comme un abonnement distinct.
L’UIT estime ainsi que la proportion réelle d’utilisateurs d’Internet au Sénégal s’élevait à 60,1 % en 2024.
Dans ce contexte, la baisse continue des prix pourrait soutenir l’intensification des usages numériques, à condition qu’elle s’accompagne d’améliorations sur l’ensemble de la chaîne d’accès.
E.N.




