Le Togo poursuit l’exécution de son programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international. Le FMI a annoncé, le 21 mai, l’achèvement de la troisième revue de l’accord conclu avec Lomé au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant la voie à un nouveau décaissement d’environ 110,8 millions de dollars, sous réserve de validation par son conseil d’administration.
Avec cette nouvelle tranche, le total des décaissements dans le cadre du programme atteindrait environ 302,2 millions de dollars.
Une exécution jugée satisfaisante
Le FMI estime que la mise en œuvre du programme progresse de manière globalement satisfaisante. Depuis la deuxième revue, sept des huit repères structurels prévus ont été atteints, notamment ceux liés au renforcement de la gestion des finances publiques, à l’amélioration de la transparence budgétaire et à une meilleure supervision des entreprises publiques.
L’institution souligne également que les engagements relatifs aux dépenses sociales et aux programmes destinés aux populations vulnérables ont été respectés, un point sensible dans le cadre des programmes d’ajustement budgétaire.
L’objectif affiché reste double : restaurer durablement les équilibres budgétaires tout en préservant la capacité d’investissement de l’État.
Une économie résiliente, mais sous pression
Selon le FMI, l’économie togolaise a fait preuve de résilience en 2025 malgré un environnement international complexe.
La croissance du PIB réel est estimée à environ 6 %, soutenue principalement par le dynamisme du secteur des services, tandis que l’inflation a ralenti. Dans le même temps, le déficit budgétaire a été ramené à 3,2 % du PIB, grâce à une meilleure maîtrise des dépenses publiques, malgré des recettes fiscales en deçà des attentes.
Cette performance s’inscrit dans un contexte où plusieurs économies africaines restent confrontées à des tensions sur les finances publiques, à des coûts d’endettement plus élevés et à des marges budgétaires réduites.
Des risques persistants en 2026
Le FMI anticipe toutefois un environnement moins favorable cette année.
L’institution prévoit un ralentissement temporaire de la croissance en 2026, accompagné d’une remontée de l’inflation, notamment sous l’effet des tensions géopolitiques internationales susceptibles d’alimenter une hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
Dans ce contexte, l’exécution du budget pourrait devenir plus complexe, poussant les autorités à arbitrer entre discipline budgétaire, soutien social et maintien de l’investissement public.
Le Fonds recommande ainsi la poursuite des réformes structurelles, en particulier dans le secteur financier, les entreprises publiques et l’énergie, tout en insistant sur l’amélioration de la gouvernance, du climat des affaires et de la mobilisation des recettes domestiques.
Pour Lomé, l’enjeu dépasse le simple respect du programme : il s’agit de consolider la stabilité macroéconomique tout en créant les conditions d’une croissance plus inclusive et davantage portée par l’investissement privé.
A.S.




