Mont Nimba : Côte d’Ivoire et Guinée font état de progrès sur la conservation, avec la liste rouge de l’UNESCO en toile de fond

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La réserve naturelle intégrale du mont Nimba, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO mais inscrite depuis des décennies sur la liste des sites en péril, affiche des indicateurs de conservation en amélioration. C’est le bilan qu’ont dressé les responsables du site lors de la première session 2026 du comité local de gestion (CLG), réunie le 19 mai à Danané, sous la présidence du préfet Vincent Hahoutou N’Guessan.

Un dispositif de surveillance qui monte en puissance

La coopération transfrontalière entre la Côte d’Ivoire et la Guinée a permis de porter le taux de couverture de surveillance de la réserve à 89 % depuis 2021, selon le lieutenant-colonel Ange Beda Alex. Les activités illégales ont reculé après 2023, et les données de suivi écologique font état d’une progression notable de certaines espèces emblématiques : le crapaud vivipare, espèce endémique du massif, est passé de 9 500 à 16 200 individus entre les derniers relevés et 2025. Au premier trimestre 2026, sept patrouilles ordinaires ont été conduites, mobilisant 630 hommes/jour sur le terrain.

Les deux pays ont par ailleurs harmonisé leurs protocoles de suivi écologique et équipé leurs agents en drones, GPS et caméras de surveillance, en complément de patrouilles mixtes régulières.

L’enjeu réel : décrocher du statut de site en péril

Derrière ces avancées, c’est une contrainte stratégique majeure qui est en jeu. Tant que le mont Nimba figure sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO, les perspectives d’exploitation minière dans la zone restent encadrées par des exigences de conservation strictes — une réalité qui pèse directement sur les projets des opérateurs du secteur extractif actifs dans la périphérie du massif.

Le retrait de cette liste constitue donc un enjeu qui dépasse la seule conservation : il conditionne en partie la marge de manœuvre dont disposeront les États et les investisseurs pour développer les ressources minières du massif, réputé pour ses importants gisements de minerai de fer.

Des obstacles demeurent cependant. Les responsables ont pointé l’insuffisance des financements disponibles, l’accès difficile à certaines zones de la réserve et l’absence d’une plateforme commune de gestion des données entre les deux pays. Pour accélérer la sortie du statut en péril, Abidjan et Conakry prévoient de renforcer les patrouilles conjointes, d’élaborer un plan de gestion des feux de brousse et de développer des activités génératrices de revenus dans les villages riverains — condition sine qua non pour réduire la pression des populations sur l’écosystème.

Y.H.

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