La Société financière internationale (SFI) envisage d’injecter jusqu’à 45 millions de dollars dans deux banques de l’UEMOA pour doper leur capacité à financer les petites et moyennes entreprises. Coris Bank International Sénégal et Vista Bank Burkina Faso sont les deux bénéficiaires visés par ces opérations, dont l’approbation reste soumise au conseil d’administration de l’institution.
25 millions pour Coris Bank au Sénégal
Au Sénégal, la SFI étudie un prêt senior non garanti de 25 millions de dollars en faveur de la filiale locale de Coris Holding, le groupe fondé par le banquier burkinabè Idrissa Nassa. L’enveloppe, d’une maturité maximale de cinq ans, se décompose en 10 millions apportés directement par la SFI et 15 millions mobilisés auprès de prêteurs tiers.
L’institution justifie cette intervention par l’ampleur du déficit de financement qui pèse sur le segment des MPME au Sénégal, estimé à 1,5 milliard de dollars, soit plus de 7 % du PIB. Au moins 25 % des fonds devront être fléchés vers des entreprises détenues ou dirigées par des femmes.
20 millions pour Vista Bank au Burkina Faso
Vista Bank Burkina Faso, cinquième banque du pays et filiale de Vista Group Holding — groupe contrôlé par le banquier burkinabè Simon Tiemtoré —, pourrait de son côté recevoir un prêt senior de 20 millions de dollars, libellé en euros et décaissé en deux tranches égales sur cinq ans. La même condition s’applique : au moins un quart des ressources devra bénéficier à des entreprises féminines.
La SFI souligne que ce financement vise à améliorer l’accès des petites entreprises burkinabè au crédit long terme, dans un environnement marqué par des conditions de financement difficiles. Au Burkina Faso, les PME représentent 85 % du tissu économique, mais la crise sécuritaire continue de plomber l’activité bancaire et fragilise l’accès au crédit dans les zones les plus exposées.
Une UEMOA en croissance, mais des PME encore sous-financées
Ces opérations s’inscrivent dans une région dont les fondamentaux restent solides. Selon la BCEAO, la croissance de l’Union a atteint 6,7 % en 2025 et devrait se stabiliser à 6,4 % en 2026. Mais cette dynamique ne s’est pas encore traduite par un meilleur accès au financement pour les petites structures. Au Sénégal, malgré le démarrage de la production d’hydrocarbures, les besoins des PME demeurent massifs. La BCEAO a d’ailleurs amorcé un assouplissement de sa politique monétaire en mars 2026 pour soutenir le financement de l’économie.
Au-delà du volet financier, les deux opérations prévoient un accompagnement technique, notamment sur le renforcement des dispositifs de gestion des risques environnementaux et sociaux — des systèmes que la SFI juge encore insuffisamment déployés au sein des deux établissements.
E.N.




