La montée en puissance de Simandou s’accélère. Selon des données rapportées mercredi 3 juin par Bloomberg, les expéditions de minerai de fer depuis le port de Morebaya ont atteint 2,2 millions de tonnes en mai — un record pour le projet, qui surpasse le précédent pic de 1,3 million de tonnes établi en avril et contraste avec une moyenne d’environ 600 000 tonnes mensuelles enregistrée sur les trois premiers mois de l’exercice.
Des infrastructures portuaires qui montent en régime
Cette accélération est attribuée à l’amélioration progressive des infrastructures portuaires de Morebaya et à une meilleure coordination opérationnelle entre les deux consortiums qui développent le complexe — Rio Tinto Simfer d’un côté, Winning Consortium Simandou de l’autre. « Au début de l’année, on s’attendait à un premier semestre lent et contraint, compte tenu des difficultés de transport ferroviaire. Les chiffres de mai indiquent un changement de situation, probablement dû à l’amélioration du rythme de chargement à Morebaya », analyse Alexandre Claude, PDG de DBX Commodities, spécialiste du suivi des chaînes d’approvisionnement de matières premières.
Mis en production en novembre 2025 après plus de vingt ans de développement, Simandou avait expédié ses premières cargaisons en janvier 2026. Le complexe, structuré autour de quatre blocs, vise une capacité totale de 120 millions de tonnes par an à plein régime — un niveau encore très loin d’être atteint, mais dont la trajectoire de montée en puissance commence à se dessiner.
Un levier de transformation pour la Guinée et un enjeu stratégique pour la Chine
Pour Conakry, ces volumes croissants représentent bien plus qu’une performance minière. Simandou est au cœur du programme Simandou 2040, stratégie de transformation économique qui entend convertir les revenus miniers en investissements dans les infrastructures, l’agriculture, l’éducation et l’industrie, en complément d’autres filières comme la bauxite.
Pour les promoteurs du projet, majoritairement chinois, l’enjeu est également stratégique : Simandou doit contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement en minerai de fer de la Chine, qui importe actuellement environ 80 % de ses besoins d’Australie et du Brésil. La capacité du projet à maintenir et amplifier le rythme observé en mai dans les prochains mois sera déterminante — pour Conakry comme pour Pékin.
Y.H.




