Ghana : Accra part en roadshow au Canada pour ouvrir le bassin Voltaïen aux investisseurs, face à une production pétrolière en chute de moitié

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La Commission pétrolière du Ghana intensifie sa campagne de séduction des investisseurs internationaux. Après Houston en mars et Londres en mai, où des discussions ont abouti à la confirmation du partenariat Shell-Chevron sur le bloc South Deepwater Tano, c’est au Global Energy Summit 2026 au Canada que sa PDG, Emeafa Hardcastle, a présenté les opportunités d’exploration disponibles dans le pays — avec en vitrine le bassin Voltaïen, un actif onshore de 103 000 km² couvrant 40 % du territoire ghanéen, inexploré depuis un demi-siècle.

200 millions de dollars de données sismiques pour séduire les majors

La Commission a investi 200 millions de dollars dans l’acquisition de données sismiques sur le Voltaïen. Ces travaux ont confirmé la présence d’un système pétrolier actif, avec des indices de méthane, éthane, propane et butane dans les données géochimiques récentes. Cinq compagnies y détiennent déjà des licences d’exploration. Aucun puits n’a toutefois été foré dans le bassin depuis 1974. La filiale d’exploration de la GNPC, Explorco, prépare le premier forage entre le quatrième trimestre 2026 et le premier trimestre 2027.

Pour convaincre les partenaires canadiens, Hardcastle a mis en avant la familiarité du cadre juridique — Ghana et Canada partagent un système de common law — et la diversité des options d’entrée disponibles : rachat de parts dans des blocs existants, évaluation de gisements peu explorés ou acquisition de droits dans les bassins de Tano et d’Accra-Keta.

Une urgence budgétaire derrière la prospection

L’activisme international de la Commission pétrolière s’explique par une situation préoccupante. La production pétrolière ghanéenne a été divisée par deux en sept ans, passant de 71,4 millions de barils en 2019 à un niveau projeté de 36 millions en 2026. En 2025, les recettes pétrolières de l’État ont chuté de 35,7 % à 600,8 millions de dollars — contre 1,07 milliard un an plus tôt — selon le Ghana Upstream Petroleum Council. Le pétrole représente en moyenne 7 % des recettes publiques, un poste que ce repli met sous forte tension.

Une production commerciale au mieux en 2033

Le bassin Voltaïen ne constitue pas une réponse rapide à ces difficultés. L’Africa Sustainable Energy Center estime que même en cas de découverte positive, une production commerciale ne serait pas envisageable avant 2033 à 2036. Accra en est conscient : la Commission prévoit d’organiser des sessions de consultation de données géologiques en accès libre lors du salon AOW Energy en septembre 2026 pour entretenir l’intérêt des investisseurs dans l’intervalle — une stratégie de long terme dans un pays qui a besoin de revenus à court terme.

E.N.

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