Le ministère sierra-léonais de la Communication, de la Technologie et de l’Innovation a annoncé mercredi 24 juin la signature d’un accord avec celui de l’Administration publique pour former 1 000 agents publics aux compétences numériques. Le programme, dispensé via l’Académie du service public sur neuf mois, couvrira les outils numériques du quotidien ainsi que la data, l’intelligence artificielle et la cybersécurité, pour des agents issus de l’ensemble des 29 ministères, départements et agences du pays.
Une stratégie nationale qui mise sur l’IA et la blockchain
Cette formation s’inscrit dans une ambition plus large de modernisation de l’administration sierra-léonaise. Une stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle est en cours d’élaboration pour structurer l’adoption de l’IA dans les services publics et les secteurs clés de l’économie. Les autorités s’intéressent également à la blockchain, déjà utilisée pour le système national d’identité numérique lancé en 2019 et testée lors des élections présidentielles de 2018, qu’elles jugent capable de renforcer la transparence des services publics.
Le financement de cette transformation s’appuie notamment sur une subvention de 50 millions de dollars obtenue de la Banque mondiale en janvier 2023 pour le projet national de transformation numérique.
Un retard structurel à combler
Les indicateurs internationaux situent toutefois la Sierra Leone loin derrière les standards régionaux. Le pays se classe 172e sur 193 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, avec un score de 0,3042 sur 1 en 2024 — en dessous des moyennes ouest-africaine, continentale et mondiale. En cybersécurité, l’UIT classe le pays en catégorie Tier 3 sur 5, avec un score global de 56,46/100 : si le cadre législatif (17,29/20) et les mesures organisationnelles (18,81/20) sont relativement solides, les mesures techniques (1,39/20) et le développement des capacités (6,95/20) restent nettement insuffisants — un écart que la formation des 1 000 agents publics vise précisément à réduire.
Le défi reste également celui de l’adoption par les usagers : 60 % de la population n’utilise pas les services télécoms, malgré un investissement de 400 millions de dollars consacré à l’extension des infrastructures réseau — illustrant que la disponibilité technique ne suffit pas à elle seule à garantir l’usage effectif des services numériques.
A.S.




