Nigeria : le régulateur des télécoms s’allie aux forces de sécurité contre le vandalisme de la fibre optique

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Face à plus de 50 000 incidents de coupure enregistrés en 2024, dont 30 000 liés aux travaux routiers, la Nigerian Communications Commission renforce son dispositif de protection des infrastructures critiques.

Le vandalisme des infrastructures télécoms constitue l’un des principaux défis du secteur au Nigeria, se manifestant par la coupure de câbles de fibre optique, le vol d’équipements, la destruction de tours et le saccage de batteries, générateurs et carburant. Pour y faire face, le régulateur nigérian a décidé d’intensifier sa riposte.

Un partenariat sécuritaire renforcé

La Nigerian Communications Commission (NCC) s’est associée au Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC), selon un communiqué conjoint publié le 1er février. Cette alliance vise à sanctionner les dommages futurs causés aux infrastructures de fibre optique lors de travaux d’excavation, de construction routière ou de génie civil menés sans consultation préalable avec les opérateurs et régulateurs.

La NCC souligne que les travaux d’excavation, de voirie, de forage et de creusement de tranchées constituent les principales causes de dommages accidentels aux câbles. Sur les 50 000 incidents enregistrés en 2024, environ 30 000 étaient liés aux chantiers routiers menés par les autorités fédérales et étatiques.

Un arsenal réglementaire en construction

Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie globale de protection. En février 2025, un comité interministériel a été créé par le ministère des Travaux publics et celui des Communications pour coordonner la protection des câbles avant, pendant et après les projets routiers. Le 26 mai 2025, la NCC a mis en service une plateforme publique de dénonciation, tandis qu’en avril, les opérateurs ont constitué un groupe sectoriel de protection des infrastructures.

Ces initiatives découlent de l’ordonnance d’août 2024 signée par le président Bola Ahmed Tinubu, qui classe les infrastructures télécoms comme infrastructures nationales critiques d’information (CNII). Leur détérioration constitue désormais un crime passible de dix ans d’emprisonnement selon la Cybercrimes Act 2015, sans possibilité d’amende.

Une menace persistante

Malgré ces mesures, le vandalisme se poursuit. L’opérateur MTN a déclaré 9 218 coupures de fibre en 2025, soit environ 25 par jour, en hausse par rapport aux 9 000 incidents de 2024 et 6 000 de 2023. Cette escalade menace directement les ambitions de transformation numérique du pays.

Selon la NCC, la fibre optique constitue l’épine dorsale des télécommunications modernes, offrant une bande passante élevée, une transmission rapide et une faible latence, essentielles pour le commerce, l’enseignement, la banque et la santé. Toutefois, même de petites perturbations peuvent entraîner des interruptions complètes affectant des quartiers entiers, voire de vastes régions.

Un projet stratégique en péril

L’enjeu est d’autant plus critique que le gouvernement a lancé un projet de 2 milliards de dollars pour déployer 90 000 km de fibre à travers le pays, déjà réalisé à 60 % selon le ministre des Communications, Bosun Tijani. Cette initiative doit améliorer la vitesse et la fiabilité d’Internet, porter la pénétration à plus de 70 % et connecter des millions de foyers, entreprises, écoles et hôpitaux dans les zones mal desservies.

Le projet devrait générer jusqu’à 20 000 emplois directs et plus de 150 000 emplois indirects, tout en contribuant à la croissance de l’économie numérique avec un impact potentiel de 1,5 % sur le PIB par habitant, portant le PIB nigérian de 472,62 milliards à environ 502 milliards de dollars en quatre ans.

Dans ce contexte, la protection effective de la fibre optique devient un impératif stratégique pour la réalisation des objectifs de développement numérique du Nigeria.

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