Ghana : GB Foods mise sur 2 428 hectares pour réduire les importations de concentré de tomate

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En Afrique de l’Ouest, le Ghana se positionne comme le quatrième producteur de tomate derrière le Nigeria, la Guinée et le Niger. Malgré ce rang, le pays reste dépendant des importations de concentré de tomate pour couvrir une partie de sa consommation. Dans ce contexte, l’investissement annoncé par GB Foods marque une nouvelle étape dans la stratégie de substitution aux importations.

La branche africaine du groupe espagnol a acquis une concession de 2 428 hectares dans les Afram Plains, dans la région de l’Est du Ghana. L’information a été rendue publique le 17 février par le ministère ghanéen du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie. Cette superficie sera consacrée à la culture de tomates industrielles destinées à approvisionner GB Foods Ghana, la filiale locale du groupe.

Sécuriser l’approvisionnement local

Avec cette acquisition foncière, l’entreprise entend implanter l’une de ses plus grandes exploitations agricoles en Afrique de l’Ouest. Si le montant de l’investissement et les modalités d’exploitation n’ont pas été dévoilés, l’initiative traduit clairement une volonté de sécuriser l’accès à la matière première afin d’accroître la production locale de concentré.

Depuis 2023, GB Foods exploite déjà une unité de transformation à Tema, d’un coût estimé à 5 millions de dollars. Cette usine produit et commercialise notamment les marques « Gino » et « Pomo », bien implantées sur le marché ghanéen. En intégrant davantage l’amont agricole, le groupe cherche à réduire sa dépendance aux importations et à renforcer sa compétitivité.

« Pour nous, il s’agit de développer l’industrie là où nous opérons. Il ne s’agit pas d’importer ; il s’agit de renforcer la capacité locale », a déclaré Vicenç Bosch, PDG de GB Foods Africa.

Un marché encore fortement importateur

Les données de la FAO illustrent le potentiel de substitution. Entre 2020 et 2024, le Ghana a importé en moyenne 54 361 tonnes de purée de tomate par an, pour une facture annuelle moyenne de 54,4 millions de dollars. En 2024, les importations ont même culminé à 85,4 millions de dollars.

Dans ce contexte, le développement d’une production industrielle intégrée — de la culture à la transformation — apparaît comme un levier stratégique. Au-delà de la réduction de la facture extérieure, l’investissement pourrait stimuler l’emploi rural, renforcer les chaînes de valeur locales et consolider la sécurité alimentaire.

Reste à savoir si cette initiative ouvrira la voie à d’autres projets d’envergure dans une filière où les perspectives d’investissement demeurent significatives, à mesure que la demande urbaine continue de progresser.

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