Le Nigeria intensifie ses efforts pour développer sa production laitière locale. Le ministère du Développement de l’élevage a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec Nestlé Nigeria Plc en vue de la création d’un centre de développement des compétences techniques en production laitière.
Implanté dans le Territoire de la capitale fédérale (FCT), ce centre ambitionne de moderniser les pratiques d’élevage et de renforcer la compétitivité du secteur laitier nigérian.
Un levier de montée en compétences des éleveurs
Le futur centre proposera des formations combinant apprentissages pratiques et enseignements théoriques. Les modules couvriront l’ensemble de la chaîne de production, notamment la reproduction animale, la gestion des troupeaux, les techniques de traite, l’alimentation, l’hygiène et la tenue de registres.
L’objectif est d’améliorer la productivité des systèmes pastoraux traditionnels, où les rendements restent faibles, avec une production moyenne estimée entre 1 et 2 litres de lait par vache et par jour.
Les expériences pilotes menées par Nestlé Nigeria Plc montrent toutefois qu’une amélioration des pratiques peut permettre d’atteindre jusqu’à 10 litres par vache et par jour, illustrant le potentiel de transformation du secteur.
Une stratégie appuyée par le secteur privé
Dans le cadre de ce partenariat, Nestlé met à profit son expertise industrielle et son réseau d’approvisionnement. L’entreprise s’appuie déjà sur un dispositif opérationnel comprenant une ferme de développement laitier et un réseau de près de 3 000 éleveurs, avec une collecte moyenne de 6 000 litres de lait par jour.
Ce positionnement permet d’articuler formation, production et structuration des circuits d’approvisionnement, dans une logique d’intégration de la filière.
Une ambition d’autosuffisance à moyen terme
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire le déficit structurel de production laitière du Nigeria, premier marché de produits laitiers en Afrique de l’Ouest.
Le pays dépend encore fortement des importations pour satisfaire sa demande, avec un coût estimé à environ 1,5 milliard de dollars par an.
Plusieurs initiatives récentes témoignent de cette volonté de transformation, notamment des partenariats internationaux axés sur l’amélioration génétique, les technologies d’élevage et le développement de projets intégrés.
Parmi eux, une coopération avec la Coalition laitière de l’Union européenne – regroupant Arla Foods, Danone et FrieslandCampina – ainsi qu’un projet d’investissement porté par le fonds souverain Nigeria Sovereign Investment Authority en partenariat avec Asset Green Ltd.
Un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire
À travers ces initiatives, Abuja vise à doubler la production nationale pour atteindre 1,4 million de tonnes d’ici 2030.
Le développement des compétences, combiné à l’investissement privé et à l’innovation, apparaît ainsi comme un levier clé pour structurer la filière, améliorer la qualité du lait local et réduire la dépendance du pays aux importations.
Dans un contexte de croissance démographique et de demande alimentaire soutenue, la transformation du secteur laitier constitue un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire et la diversification économique du Nigeria.




