Burkina Faso : une croissance attendue au-delà de 6 % en 2027, sur fond de discipline budgétaire renforcée

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Le Burkina Faso anticipe une reprise progressive de son économie à moyen terme. Selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, adopté en Conseil des ministres le 24 avril, le pays table sur une croissance de 6,1 % en 2027, avant un ralentissement graduel à 5,5 % en 2028 et 5,3 % en 2029.

Ce cadre de programmation, aligné sur le Plan national de développement « Relance », vise à renforcer la discipline macro-budgétaire en définissant une trajectoire cohérente des finances publiques sur trois ans.

Des équilibres budgétaires sous contrôle

Le scénario retenu repose sur une inflation contenue autour de 1,5 %, favorable à la stabilité du pouvoir d’achat. Les recettes publiques devraient progresser de 3 924,3 milliards FCFA en 2027 à 4 686,4 milliards FCFA en 2029. En parallèle, les dépenses sont projetées à 4 543,3 milliards FCFA en 2027, puis 5 403,6 milliards FCFA en 2029.

Dans ce contexte, le déficit budgétaire serait maîtrisé autour de 2,8 % du PIB en 2027 et 2028, avant de s’établir à 2,9 % en 2029, un niveau conforme aux objectifs de convergence régionaux.

Des perspectives soutenues par les secteurs clés

Selon le Fonds monétaire international, les perspectives économiques du pays restent globalement favorables à l’horizon 2026-2028. La dynamique repose notamment sur l’assainissement budgétaire, les investissements agricoles et la bonne tenue des cours de l’or, qui soutiennent les exportations et l’activité minière.

De son côté, la Banque mondiale anticipe une inflation à 2,3 % en 2026, sous l’effet de la hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques. L’institution prévoit également une réduction progressive de la pauvreté, avec près d’un million de personnes susceptibles de sortir de l’extrême pauvreté d’ici 2028.

Des défis structurels persistants

Malgré ces perspectives, l’économie burkinabè reste confrontée à plusieurs contraintes. Le revenu par habitant demeure faible, avec un PIB nominal estimé à 982 dollars en 2024 et projeté à 1 427 dollars en 2029. Par ailleurs, le financement du secteur privé continue de reculer, limitant le potentiel de transformation économique.

La réalisation de ces objectifs reste conditionnée à deux facteurs clés : le maintien de niveaux élevés des cours de l’or et une amélioration durable de la situation sécuritaire.

À travers ce cadrage budgétaire, Ouagadougou affiche ainsi une volonté de stabilisation macroéconomique, tout en cherchant à créer les conditions d’une croissance plus inclusive et soutenable à moyen terme.

S.H.

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