Le Cap-Vert pourrait bénéficier d’un nouveau décaissement de 10,51 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI), à la suite de l’évaluation positive des programmes de réformes économiques actuellement en cours dans le pays. L’annonce a été faite vendredi 8 mai par Martin Schindler, chef de mission du FMI, à l’issue des discussions menées avec les autorités cap-verdiennes.
Ce montant se répartit entre 3,26 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et 7,25 millions de dollars dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), sous réserve de validation finale par le conseil d’administration de l’institution.
Une mise en œuvre jugée globalement exemplaire
Le FMI salue la discipline du Cap-Vert dans l’exécution de son programme économique. Selon l’institution, l’ensemble des critères de performance quantitatifs et des engagements continus fixés à fin décembre 2025 dans le cadre de la FEC ont été respectés, traduisant une gestion macroéconomique jugée rigoureuse.
Les réformes appuyées par la FRD progressent également, même si certaines mesures accusent encore du retard. Le FMI cite notamment les chantiers liés à la protection sociale, au renforcement du secteur bancaire et à la réforme des services publics d’électricité et d’eau, où la mise en œuvre reste ralentie par des contraintes institutionnelles et techniques.
Cette évaluation favorable confirme la crédibilité du pays auprès des bailleurs, dans un contexte où les économies insulaires demeurent particulièrement exposées aux chocs externes, notamment énergétiques et climatiques.
Une économie soutenue par le tourisme, mais toujours vulnérable
Le Cap-Vert continue d’afficher une dynamique économique robuste, portée par la reprise du tourisme, la vigueur de la consommation privée et la poursuite des investissements publics. Le FMI table sur une croissance de 4,7 %, avec une inflation qui devrait rester contenue.
Mais plusieurs fragilités demeurent. L’économie reste fortement dépendante des importations d’énergie et de denrées alimentaires, ce qui l’expose aux tensions sur les marchés internationaux. Un ralentissement de la demande extérieure, notamment européenne, pourrait également peser sur le secteur touristique, pilier de la croissance nationale.
Dans ce contexte, le FMI appelle les autorités à maintenir une ligne de prudence budgétaire et à accélérer les réformes structurelles, en particulier sur l’efficacité des entreprises publiques et l’amélioration du climat d’investissement.
Pour Praia, ce nouvel appui du FMI constitue à la fois un soutien financier et un signal de confiance, à un moment où le pays cherche à consolider sa résilience économique face aux vulnérabilités structurelles propres aux petits États insulaires.
E.N.




