L’agence de notation Fitch Ratings a relevé, vendredi 8 mai, la note souveraine de long terme en devises du Ghana de « B- » à « B », assortie d’une perspective positive, signalant une amélioration notable de la trajectoire macroéconomique du pays. Cette décision reflète un recul rapide de l’endettement public, un assainissement budgétaire jugé crédible et un renforcement progressif des équilibres extérieurs.
Selon Fitch, cette amélioration repose sur plusieurs facteurs convergents : une croissance économique robuste, une consolidation budgétaire soutenue, l’appréciation du cedi et une hausse des réserves internationales, autant d’éléments qui réduisent le risque de tension sur la liquidité extérieure. L’agence estime ainsi que le ratio dette publique/PIB pourrait tomber à 46 % d’ici 2027, contre 67 % environ en 2024, un niveau désormais inférieur à la médiane des pays classés dans la catégorie « B ».
Une stabilisation progressive après la crise de la dette
Cette révision intervient alors que le Ghana poursuit son programme de restructuration financière après la crise de la dette qui avait conduit à une perte d’accès aux marchés internationaux. Le Domestic Debt Exchange Programme (DDEP), pièce maîtresse du redressement, continue d’être déployé avec l’appui des créanciers et des institutions financières internationales.
Le 6 mai dernier, Accra a annoncé un nouvel accord avec l’U.S. Export-Import Bank dans le cadre du traitement de sa dette souveraine extérieure. Quelques mois plus tôt, le gouvernement avait indiqué avoir honoré près de 910 millions USD de paiements d’intérêts liés à la restructuration domestique, une étape importante pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le système financier local.
Fitch souligne également l’amélioration de la discipline budgétaire. Après un excédent primaire record de 2,9 % du PIB en 2025, le Ghana devrait maintenir un solde primaire positif de 1,5 % en 2026 et 2027, signe d’un effort d’assainissement durable.
Des réserves en hausse, portées par l’or et les flux extérieurs
L’un des principaux points de soutien identifiés par Fitch reste le redressement des comptes extérieurs. La progression des exportations aurifères, combinée aux investissements directs étrangers et aux financements multilatéraux, a permis une reconstitution des réserves de change.
L’agence prévoit que celles-ci atteindront l’équivalent de 4,8 mois d’importations d’ici 2027, contre des niveaux beaucoup plus fragiles au plus fort de la crise. Cette amélioration réduit significativement les risques de refinancement à court terme.
Sur le plan macroéconomique, la trajectoire apparaît également plus favorable. Fitch table sur une croissance réelle proche de 5 % par an jusqu’en 2027, tandis que l’inflation poursuit son repli après avoir chuté à 3,2 % en mars 2026, son plus bas niveau depuis plus de deux décennies.
Des fragilités persistent
Malgré cette embellie, Fitch reste prudente sur plusieurs points. La charge du service de la dette demeure élevée, absorbant environ 20 % des recettes publiques, ce qui continue de limiter les marges budgétaires.
L’amélioration actuelle reste également dépendante de facteurs externes favorables, notamment le maintien de cours élevés de l’or, principal moteur des excédents extérieurs ghanéens.
Pour autant, le relèvement de Fitch constitue un signal fort pour le Ghana, qui cherche progressivement à restaurer sa crédibilité financière et à préparer un retour durable sur les marchés internationaux de capitaux.
A.S.




