Côte d’Ivoire : Abidjan s’allie au Brésil pour moderniser les filières animales et halieutiques

Date :

Partager l'article :

La Côte d’Ivoire poursuit sa stratégie de transformation de son secteur agroalimentaire en misant sur un partenariat international de référence. Le pays a officialisé, le 8 mai, un accord de coopération avec Companhia de Desenvolvimento dos Vales do São Francisco e do Parnaíba, entreprise publique brésilienne spécialisée dans le développement intégré du secteur primaire.

L’accord a été signé par Sidi Tiémoko Touré et José Vivaldo Mendonça.

Cette coopération vise à transférer et adapter en Côte d’Ivoire certains leviers du modèle brésilien de développement du secteur primaire, avec un accent particulier sur la modernisation des filières animales et halieutiques.

Industrialiser les chaînes de valeur locales

Avec plus d’un demi-siècle d’expérience dans le développement territorial et agricole, CODEVASF devrait accompagner Abidjan sur plusieurs chantiers structurants :

  • aménagement intégré des territoires de production ;
  • modernisation des infrastructures sectorielles ;
  • structuration des chaînes de valeur animales et halieutiques ;
  • amélioration de la gestion des ressources ;
  • appui à l’industrialisation des filières.

Selon le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques, cette coopération doit contribuer à renforcer durablement la sécurité protéique nationale tout en positionnant le pays comme un hub régional dans ce segment.

Réduire une forte dépendance aux importations

L’enjeu est stratégique pour la Côte d’Ivoire.

Le secteur des ressources animales et halieutiques représente environ 5 % du PIB agricole, mais le pays reste fortement dépendant des importations pour couvrir sa demande en protéines animales.

En 2024, les importations de viandes et abats ont atteint 164 269 tonnes équivalent carcasse (TEC), représentant 51 % de la consommation nationale.

Autrement dit, plus d’un kilogramme de protéines animales consommé sur deux provient encore de l’extérieur.

Cette dépendance expose le pays à la volatilité des marchés internationaux, aux tensions logistiques et à la pression sur les devises.

Pourquoi le modèle brésilien attire

Le choix du Brésil n’est pas anodin.

Le pays sud-américain s’est imposé comme une référence mondiale dans l’agriculture tropicale et l’élevage intensif, grâce à une combinaison de :

  • recherche appliquée ;
  • mécanisation ;
  • infrastructures logistiques ;
  • intégration agro-industrielle ;
  • politiques publiques de soutien aux filières.

Selon les données de la FAO, le Brésil est notamment :

  • 2e producteur mondial de viande bovine, derrière les États-Unis ;
  • 1er exportateur mondial de bœuf ;
  • 5e producteur mondial de produits laitiers.

Pour Abidjan, l’intérêt réside donc autant dans le transfert de savoir-faire que dans la reproduction d’un modèle d’intégration industrielle capable d’accélérer la production locale.

Le principal défi restera toutefois la traduction opérationnelle de ce partenariat : investissements, infrastructures, montée en compétences et accès au financement seront déterminants pour transformer cet accord institutionnel en résultats concrets sur le terrain.

Y.H.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

spot_img

Articles similaires

Guinée : Nimba Mining Company choisit Glencore pour sa bauxite et vise 10 millions de tonnes en 2026

Nimba Mining Company, l'entité créée par l'État guinéen en 2025 pour mieux contrôler la commercialisation de ses ressources...

Côte d’Ivoire : le CCAK lance le recensement des producteurs d’anacarde, première étape vers une traçabilité de la filière

Le Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK) a officiellement lancé le 11 août à Korhogo le Projet d'Identification des...

Cacao ivoirien : traçabilité obligatoire au 1er septembre, coalition africaine à 75 % de la production mondiale et objectif de 50 % de transformation...

À quelques semaines de l'ouverture de la campagne principale 2026/2027, la Côte d'Ivoire accélère sur trois fronts simultanés...

Sénégal : Senelec signe avec Huawei pour deux nouvelles centrales solaires de 50 MW, dans une accélération portée par les équipements chinois

Senelec et Huawei ont signé mardi 11 août à Shenzhen un protocole d'accord portant sur deux centrales photovoltaïques...