La Côte d’Ivoire a réaffirmé son engagement en faveur de la protection de la biodiversité, alors que les pressions environnementales continuent d’affecter les écosystèmes du pays. À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité célébrée le 22 mai, les autorités ont dressé un constat préoccupant sur l’état du capital naturel ivoirien, tout en mettant en avant les mesures engagées pour inverser la tendance.
Dans une déclaration prononcée par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abou Bamba, le gouvernement a alerté sur la dégradation continue des ressources biologiques nationales, dans un contexte marqué par la déforestation, la destruction des habitats naturels, l’orpaillage, la surexploitation des ressources et les effets du changement climatique.
Placée cette année sous le thème « Agir localement pour un impact global », la Journée internationale de la biodiversité a été l’occasion pour Abidjan d’appeler à une mobilisation collective autour de la préservation des écosystèmes.
Une biodiversité sous forte pression
Les autorités rappellent que la Côte d’Ivoire dispose d’un patrimoine écologique diversifié composé de forêts, lagunes, zones humides, savanes, montagnes et espaces marins, essentiels à l’équilibre écologique et aux activités économiques.
Mais ce capital naturel se dégrade rapidement.
Selon les statistiques environnementales de 2024, la population d’éléphants, emblématique de la biodiversité ivoirienne, est passée d’environ 100 000 individus dans les années 1960 à seulement 225 à 500 aujourd’hui.
Plus de 60 espèces d’oiseaux sont également menacées, tandis que plusieurs espèces végétales ont déjà disparu ou sont en voie d’extinction.
Sur le littoral, la situation est également préoccupante. Plus des deux tiers des côtes ivoiriennes sont touchés par l’érosion côtière, avec un recul moyen estimé entre un et deux mètres par an. Certaines zones comme Gonzagueville et Lahou Kpanda enregistrent déjà des pertes importantes de terres.
Réformes et restauration écologique
Face à ces défis, le gouvernement met en avant plusieurs initiatives visant à renforcer la résilience environnementale du pays.
Parmi les actions engagées figurent le Plan national de reforestation, le renforcement de la gestion des aires protégées, la promotion de solutions fondées sur la nature ainsi que l’actualisation de la stratégie nationale pour la biodiversité afin de l’aligner sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
Abidjan cherche également à mieux intégrer les enjeux de biodiversité dans les politiques sectorielles et à renforcer l’implication des communautés locales dans la gestion durable des ressources naturelles.
Concernant le littoral, plusieurs mesures ont déjà été déployées, notamment la stabilisation du cordon sableux de Grand-Lahou, la création de l’Agence nationale de gestion du littoral (ANAGIL) et celle de l’aire marine protégée de Grand-Béréby. Cinq autres aires protégées marines sont en cours de création.
L’appel à une mobilisation collective
Pour les autorités, la réponse ne peut pas être uniquement institutionnelle.
Le ministre Abou Bamba a insisté sur la nécessité d’une implication plus large des collectivités territoriales, communautés locales, chercheurs, organisations de la société civile, jeunes, femmes et acteurs du secteur privé.
Le gouvernement appelle notamment à l’adoption de comportements plus responsables, incluant la lutte contre les feux de brousse, la préservation des espaces verts, la protection des cours d’eau et la réduction de la consommation d’espèces protégées.
Les citoyens sont également invités à signaler les atteintes à l’environnement via le numéro vert 1372.
Pour Abidjan, la préservation de la biodiversité apparaît désormais comme un enjeu à la fois écologique, économique et social, dans un pays où la dégradation des écosystèmes affecte directement l’agriculture, les ressources en eau, le littoral et les moyens de subsistance de nombreuses communautés.
E.N.




