Le Togo rejoint officiellement la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur selon la mise à jour annuelle des classifications par revenu du Groupe de la Banque mondiale, publiée le 1er juillet 2026. C’est le seul pays au monde à progresser cette année du revenu faible vers le revenu intermédiaire — les cinq autres changements de catégorie concernent des pays qui passent au revenu intermédiaire supérieur. Le Togo rejoint ainsi ses voisins de l’UEMOA Côte d’Ivoire, Sénégal et Bénin dans cette catégorie.
Croissance soutenue et révision démographique, deux moteurs du basculement
Le reclassement résulte d’une combinaison de facteurs. La croissance du PIB — 5,9 % en 2025, réévaluée à environ 6 % par le FMI — et les mouvements de taux de change ont contribué à la hausse du revenu national brut par habitant, indicateur de référence de la Banque mondiale calculé selon la méthode Atlas. Un ajustement démographique a par ailleurs joué un rôle significatif : à la suite de la publication des résultats du recensement de 2022, l’estimation de la population togolaise a été révisée à la baisse de 11,7 %, ce qui a mécaniquement relevé le RNB par habitant.
Des financements concessionnels préservés, mais à des conditions mixtes
Au-delà du symbole, le changement de statut a des implications concrètes sur l’accès aux financements internationaux. Les classifications par revenu orientent en partie l’accès aux guichets concessionnels des institutions multilatérales et servent de référence aux agences de notation et aux bailleurs bilatéraux.
Les précédents régionaux sont néanmoins rassurants pour Lomé. La Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin, qui ont franchi ce seuil avant le Togo, restent emprunteurs de l’IDA — le guichet concessionnel du Groupe de la Banque mondiale — et continuent de bénéficier des conditions mixtes, moins généreuses que celles réservées aux pays les plus pauvres mais toujours concessionnelles. À la Banque africaine de développement, ces pays ont acquis le statut de pays mixtes, cumulant l’accès au Fonds africain de développement et au guichet souverain non concessionnel de l’institution.
Pour le Togo, ce nouveau statut ouvre en revanche la voie à des instruments de financement plus diversifiés — marchés de capitaux, financements mixtes, garanties — qui restent moins accessibles aux économies à faible revenu, et pourrait renforcer la crédibilité du pays auprès des investisseurs privés internationaux.
Y.H.




