Oxfam s’inquiète de la création par Dangote d’un nouveau monopole privé dans l’Oil&Gas

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Selon le rapport 2024 d’Oxfam sur les multinationales et les inégalités multiples, Aliko Dangote a enregistré par l’intermédiaire de son groupe cimentier africain certains des bénéfices les plus élevés au monde dans le secteur du ciment. L’homme d’affaires, dont la fortune s’élève à 10,5 milliards de dollars, a tiré profit de son quasi-monopole dans ce secteur tout en minimisant ses obligations fiscales. Oxfam exprime désormais des inquiétudes quant à la possibilité que ce modèle soit reproduit dans le secteur pétrolier, où Dangote étend actuellement son influence.

L’ONG internationale Oxfam, qui lutte contre les injustices dans le monde, a dévoilé un rapport ce lundi 15 janvier 2024, mettant en garde contre la création par Aliko Dangote d’un nouveau monopole privé dans le secteur pétrolier en Afrique. Oxfam souligne le « quasi-monopole » détenu par Dangote sur le ciment au Nigeria et sur d’autres marchés africains, le qualifiant de « quasi-monopole » pouvant potentiellement s’étendre au secteur pétrolier.

Selon Oxfam, le quasi-monopole dans le secteur du ciment a permis à Aliko Dangote de multiplier sa richesse, tout en payant des impôts minimes. Le rapport mentionne que Dangote Cement a enregistré des marges bénéficiaires parmi les plus élevées au monde (45%), tout en bénéficiant d’un taux d’imposition de seulement 1% sur une période de 15 ans, à une époque où les prix du ciment étaient plus élevés en Afrique qu’ailleurs dans le monde.

Oxfam classe Aliko Dangote parmi les cinq milliardaires qui dirigent des monopoles dans le monde, expliquant que de telles entreprises ont la capacité de contrôler des marchés, de fixer des prix plus élevés sans perdre d’activité et d’exploiter la main-d’œuvre à leur disposition. L’ONG souligne également que les monopoles contribuent à accroître les inégalités sociales, créant des impressions de rareté pour augmenter les prix et redistribuant les revenus et les profits à leurs actionnaires fortunés, tandis que les travailleurs et les consommateurs subissent des coûts plus élevés.

Le rapport d’Oxfam met en lumière la présence mondiale de grands monopoles et oligopoles qui contrôlent des marchés et des secteurs d’activité vitaux. Il cite des exemples tels que la consolidation dans le secteur pharmaceutique, où 60 sociétés ont fusionné pour former 10 géants mondiaux, ou la domination des grandes entreprises technologiques comme Meta, Alphabet et Amazon dans le domaine de la publicité en ligne.

Sur une note différente, le rapport de 2024 souligne que la fortune des cinq hommes les plus riches du monde a plus que doublé depuis 2020, passant de 405 milliards de dollars à 869 milliards de dollars à la fin de 2023. Il révèle également que sept des dix plus grandes entreprises mondiales ont un PDG milliardaire ou un milliardaire en tant qu’actionnaire principal.

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