Sénégal : la Listab récuse le décret relatif à la commercialisation du tabac électronique

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La Ligue sénégalaise de lutte contre le tabac (Listab) a émis de vives objections à l’égard d’un nouveau texte législatif récemment examiné et adopté en Conseil des ministres, qui autorise la commercialisation de cigarettes électroniques au Sénégal. Selon la Listab, cette décision va à l’encontre des dispositions de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac et dégrade le rôle du Sénégal en tant que pays exemplaire dans la protection de la jeunesse contre les maladies non transmissibles.

Djibril Wélé, coordinateur de la Listab, a exprimé des inquiétudes quant à une éventuelle complicité entre le Dr Oumar Ba, coordinateur du Programme national de lutte contre le tabac (Pnlt), et Samba Ndiaye, chef du Bureau de la Législation au ministère de la Santé et de l’Action sociale, dans l’élaboration de ce texte. La Listab estime qu’un tel texte ne pourrait pas être examiné en Conseil des ministres sans la participation de ces deux personnes, malgré le déni du Dr Oumar Ba.

Actuellement, le contenu du texte n’est pas disponible, ce qui suscite davantage de préoccupations. La Listab a cherché à obtenir une copie du texte, mais on lui a indiqué qu’il n’était pas encore numéroté, ce qui l’empêche d’être partagé. Les membres de la Listab estiment que quelque chose leur est caché, car un décret ne peut pas être adopté en Conseil des ministres sans la présence d’un comité technique pour son élaboration.

La Listab considère que ce texte controversé pourrait potentiellement accroître les cas de cancer, car il autorise l’industrie du tabac à commercialiser des cigarettes électroniques au Sénégal, même si le tabac sous d’autres formes est interdit dans le pays. Les acteurs de la lutte antitabac avaient déjà eu des informations sur les manœuvres de l’industrie du tabac, mais ils n’avaient pas anticipé que cela se produirait pendant la révision de la loi de 2014.

La Listab exprime ses inquiétudes quant à la promotion de ces produits dangereux et leur présence dans les écoles, où ils ressemblent à des fournitures scolaires courantes comme les feutres et les clés USB. La Ligue demande au gouvernement de retirer ce texte controversé, soulignant les risques pour la santé publique et particulièrement pour les jeunes.

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