À Lagos, la rareté de liquidités a pesé lourdement sur les habitants pendant les fêtes, malgré les avancées de l’inclusion financière. La limitation des retraits d’espèces aux guichets automatiques et les coûts élevés des alternatives de paiement électronique compliquent le quotidien des Nigérians, qui espèrent un changement en ce début d’année.
Dans la capitale économique du Nigeria, où seconde économie d’Afrique en termes de PIB selon les prévisions du FMI pour 2023, les habitants espèrent une plus grande accessibilité à l’argent liquide, surtout après les festivités. Jusqu’au 31 décembre 2023, retirer plus de 10 000 nairas (environ 11 $) dans la plupart des distributeurs automatiques, notamment à Ikeja, un important centre économique, était impossible.
Les alternatives se limitaient à des paiements numériques ou des retraits auprès des terminaux de paiement électronique (POS) désormais omniprésents dans les rues de Lagos. Cependant, ces options posent des défis majeurs, notamment des coûts additionnels. Certains POS exigent jusqu’à 20% du montant retiré, en plus de l’inflation annuelle de 24% à la fin de novembre 2023 et de la TVA sur les achats formels.
Les paiements numériques ont progressé au Nigeria, mais ils rencontrent des problèmes de qualité de réseau et d’achèvement des transactions. Dans certaines stations-service, les pompistes demandent des pourboires pour accepter les paiements par carte. Cette situation préoccupe, mais aucune explication claire ni solution imminente n’émergent au sein de la population.
Dans une économie où les secteurs informels dominent, la nécessité de liquidités est cruciale pour la croissance des activités, surtout face à une inflation croissante. Malgré les progrès de l’inclusion financière, les coûts et les difficultés d’accès limitent l’utilisation des solutions financières, renforçant la dépendance à l’argent liquide.
Alors que les banques commerciales et la banque centrale se disputent la responsabilité, les transactions financières numériques connaissent une croissance fulgurante au Nigeria. Des entreprises telles qu’Opay en sont un exemple, ayant levé jusqu’à 570 millions de dollars auprès d’investisseurs américains, dominant le marché mais faisant face à une concurrence grandissante. Cette transition vers le numérique illustre la nécessité d’équilibrer politiques publiques, innovation technologique et prise en compte des populations vulnérables pour une inclusion financière plus large, sans aggraver les inégalités sociales.




