Sénégal : une nouvelle raffinerie d’huiles végétales pour réduire la dépendance aux importations

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Au Sénégal, les huiles comestibles représentent le deuxième poste de dépenses alimentaires à l’importation, derrière les céréales. Pour réduire cette dépendance structurelle, les autorités misent sur l’investissement privé et le renforcement des capacités industrielles locales.

Dans ce contexte, le président Bassirou Diomaye Faye a inauguré, le 27 janvier 2026, une raffinerie d’huiles végétales alimentaires dans la zone portuaire de Sendou, dans le département de Rufisque. Le projet, porté par Mavamar Industries SA, a mobilisé un investissement de 60 milliards FCFA (environ 109,5 millions USD) et s’étend sur un site de 23 hectares.

Une capacité industrielle orientée vers le marché national

La nouvelle unité affiche une capacité de raffinage de 600 tonnes par jour, soit une production annuelle pouvant atteindre 180 000 tonnes en régime continu. Elle est destinée à transformer localement des huiles brutes issues notamment de l’arachide, du palmier et d’autres oléagineux, afin d’alimenter le marché sénégalais et, à terme, le marché sous-régional.

Selon les autorités, l’infrastructure s’inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté économique et d’autosuffisance alimentaire. « La raffinerie permettra de substituer progressivement une partie des importations par des produits raffinés localement, tout en créant de la valeur ajoutée sur le territoire », souligne un communiqué publié sur le site du gouvernement.

L’enjeu est de taille. D’après les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Sénégal a importé en moyenne 229 000 tonnes d’huiles et graisses alimentaires par an entre 2020 et 2024, pour une facture annuelle avoisinant 124 milliards FCFA (225,8 millions USD).

Un soutien indirect à la filière arachidière

Au-delà des huiles végétales, l’entrée en service de la raffinerie Mavamar intervient dans un contexte tendu pour la filière arachidière, pilier de l’agriculture sénégalaise. Pour la campagne 2025-2026, la production nationale est attendue à plus de 900 000 tonnes, tandis que les capacités de transformation restent limitées.

Début janvier, l’État a demandé à la SONACOS, principal huilier public du pays, de porter sa capacité d’achat d’arachide à 450 000 tonnes, contre un objectif initial de 250 000 tonnes. Une ambition jugée difficile à atteindre par les organisations de producteurs, alors que l’entreprise n’avait collecté qu’environ 62 000 tonnes deux mois après le lancement de la campagne. Les craintes portent notamment sur un engorgement du marché et une pression baissière sur les prix, malgré un prix plancher fixé à 305 FCFA/kg.

Dans ce contexte, Mavamar entend progressivement renforcer son rôle industriel. « Nous prévoyons une extension de notre capacité de trituration de graines d’arachide dès la première année », a indiqué son directeur général, Souleymane Ndoye, cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Si la nouvelle raffinerie ne suffira pas à absorber à elle seule les excédents de production, elle contribue néanmoins à diversifier les débouchés, à réduire la dépendance aux importations et à renforcer la transformation locale, un levier clé pour la stabilisation des revenus agricoles et la souveraineté alimentaire du Sénégal.

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