BRVM : les valeurs pétrolières s’envolent dans un marché secoué par la crise au Moyen-Orient

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La première séance de cotation de la semaine à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a illustré la sensibilité croissante des marchés africains aux chocs géopolitiques internationaux. Lundi 2 mars à Abidjan, la place boursière ouest-africaine a affiché une performance contrastée : alors que les indices généraux perdaient du terrain, les valeurs liées à l’énergie ont fortement progressé, portées par la flambée des cours mondiaux du pétrole consécutive aux frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran dans la nuit du 28 février.

Cette escalade militaire, qui a provoqué la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei selon plusieurs sources médiatiques, a immédiatement ravivé les inquiétudes autour du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transitent environ 20 millions de barils de pétrole par jour. La perspective d’une fermeture du détroit par l’Iran a fait bondir les prix du brut d’environ 9 % sur les marchés internationaux et déclenché une vague d’ajustements sur les marchés financiers mondiaux.

Dans ce contexte, les valeurs énergétiques ont dominé les hausses à la BRVM. L’action Vivo Energy Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte progression de la séance avec +7,41 %, atteignant 2175 FCFA. Elle est suivie par TotalEnergies Sénégal, en hausse de +7,39 % à 3125 FCFA, et TotalEnergies Côte d’Ivoire, qui a gagné +7,14 % pour atteindre 3000 FCFA. La Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) s’inscrit également dans cette dynamique avec une progression de +7,36 %, à 3430 FCFA. Cette réaction reflète un comportement classique des marchés : en période de tensions au Moyen-Orient, les entreprises liées au pétrole et à l’énergie bénéficient à la fois de la hausse du prix du baril et d’un déplacement des capitaux vers des actifs jugés plus tangibles.

Malgré ces performances sectorielles spectaculaires, l’ensemble du marché est resté sous pression. L’indice BRVM Composite, principal baromètre de la place régionale, a reculé de 0,21 % pour s’établir à 416,85 points. L’indice BRVM Prestige a cédé 0,35 % à 164,25 points, tandis que le BRVM 30 a légèrement progressé de 0,08 % à 194,96 points.

Du côté des baisses, les valeurs liées à l’aviation et à la consommation ont été particulièrement affectées par les tensions internationales. Servair Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte chute de la séance avec –6,61 %, conséquence directe des perturbations du transport aérien mondial après la fermeture de plusieurs espaces aériens au Moyen-Orient, notamment au Qatar, en Irak, au Koweït et à Bahreïn. D’autres titres ont également reculé, dont Unilever Côte d’Ivoire (–5,77 %), Bank of Africa Niger (–5,50 %) et CFAO Motors Côte d’Ivoire (–5,03 %).

La séance s’est toutefois caractérisée par une activité soutenue. Au total, 2 255 844 titres ont été échangés pour une valeur globale de 1,77 milliard de FCFA, signe d’une recomposition rapide des portefeuilles par les investisseurs face au nouveau contexte géopolitique. La capitalisation boursière totale de la BRVM s’établit désormais à 16 071,82 milliards de FCFA.

La réaction de la BRVM s’inscrit dans un mouvement global des marchés financiers. Dans le Golfe, les autorités boursières des Émirats arabes unis ont suspendu les transactions pendant 48 heures après des frappes de drones visant Dubaï et Abu Dhabi, tandis que la Bourse du Koweït a également fermé temporairement. À Riyad, l’indice Tadawul a poursuivi son recul dans un climat d’inquiétude lié à la menace iranienne visant les infrastructures pétrolières saoudiennes.

Les grandes places financières occidentales ont également ouvert dans le rouge. À Paris, Francfort et Londres, les secteurs du transport aérien, du tourisme et de la logistique maritime ont été les plus touchés, tandis que les valeurs énergétiques et de défense progressaient. Dans ce contexte d’incertitude, les investisseurs se sont également tournés vers les actifs refuges. L’or a progressé d’environ 3 % et le bitcoin de 5,5 % en vingt-quatre heures.

Selon BloombergNEF, si les tensions dans le Golfe persistaient tout au long de l’année 2026, le prix du Brent pourrait atteindre 91 dollars le baril d’ici la fin de l’année. Dans un scénario extrême impliquant une fermeture complète du détroit d’Ormuz, Deutsche Bank estime que les cours pourraient grimper jusqu’à 120 dollars. Pour la BRVM, l’évolution du conflit pourrait ainsi devenir un facteur déterminant de la dynamique du marché dans les prochaines semaines.

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