La Banque ouest-africaine de développement poursuit l’ajustement de ses participations au sein du secteur bancaire régional. L’institution a annoncé la cession, en 2025, de l’intégralité de ses parts dans Bank of Africa Bénin et Bank of Africa Niger au groupe industriel Sonimex.
Cette opération a été rendue publique le 16 avril par Bank of Africa Group, à l’occasion de la présentation des résultats 2025 de ses filiales cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières.
Une recomposition ciblée de l’actionnariat
Au Bénin, la BOAD a cédé sa participation de 2,3 % dans BOA Bénin, mettant fin à une présence historique initiée en 1989. Cette part a été reprise par Sonimex, désormais actionnaire minoritaire aux côtés de BOA West Africa, qui conserve une position dominante avec 54,1 % du capital, tandis que le flottant représente 43,6 %.
Au Niger, la logique est similaire : la BOAD s’est désengagée de l’intégralité de sa participation de 5,7 % dans BOA Niger, également reprise par Sonimex. Cette opération marque l’entrée d’un acteur privé régional dans le capital de la troisième banque du pays en termes d’activité.
Des performances financières contrastées
Ces cessions interviennent dans un contexte de divergence notable entre les deux filiales.
Au Bénin, BOA affiche une dynamique positive :
- Total bilan : +2,6 % (964,6 milliards FCFA)
- Produit net bancaire : +10,2 % (51,27 milliards FCFA)
- Résultat net : +2,3 % (20,1 milliards FCFA)
La banque a proposé un dividende de 585 FCFA par action, traduisant une rentabilité solide malgré un léger repli des crédits et des dépôts, dans une logique de recentrage sur les PME.
À l’inverse, BOA Niger présente des indicateurs en nette dégradation :
- Total bilan : -9,5 %
- Produit net bancaire : -1,2 % (21,1 milliards FCFA)
- Résultat net : -91,8 % (409 millions FCFA)
Dans ce contexte, aucun dividende n’a été distribué au titre de l’exercice 2025, illustrant les difficultés opérationnelles de la filiale.
Une stratégie de réallocation pour la BOAD
La sortie de la BOAD s’inscrit dans une logique de réallocation stratégique de ses actifs. En tant qu’institution de financement du développement, elle tend à concentrer ses ressources sur des interventions à plus fort effet de levier, notamment dans les infrastructures et le financement des économies.
L’entrée de Sonimex traduit, en parallèle, une montée en puissance d’investisseurs privés régionaux dans le capital des institutions financières, dans un contexte de recomposition progressive du paysage bancaire ouest-africain.
Une dynamique boursière toujours soutenue
Malgré ces ajustements, les filiales cotées du groupe BOA conservent une trajectoire globale positive sur le marché. Elles représentent :
- 8 % de la capitalisation totale de la BRVM
- 20 % du secteur financier régional
Sur l’année 2025, leur performance boursière cumulée atteint +48,5 %, contre +25,3 % pour l’ensemble du marché, avec toutefois des disparités importantes selon les entités.




