Réunis à l’occasion des Journées nationales de l’aviculture, les professionnels du secteur en Côte d’Ivoire appellent à un allègement fiscal pour soutenir la compétitivité de la filière. L’Interprofession avicole ivoirienne (IPAVI) a ainsi demandé la suppression de la TVA de 9 % appliquée sur certains intrants destinés à l’alimentation de la volaille.
Cette revendication a été formulée à l’issue de la 10ᵉ édition des Journées nationales de l’aviculture (JNA), organisée autour du thème de la souveraineté alimentaire. Selon les acteurs, les intrants représentent plus de 60 % des coûts de production, faisant de la fiscalité un facteur déterminant dans la structure des prix.
Une pression croissante sur les coûts de production
Pour les professionnels, l’application de la TVA accentue la pression financière sur l’ensemble de la chaîne de valeur, des fabricants d’aliments aux éleveurs, jusqu’aux unités de transformation. Dans un contexte de hausse des coûts, cette mesure est perçue comme un frein à la compétitivité du secteur.
Au-delà de la question fiscale, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats public-privé et de développer la production locale d’intrants stratégiques, notamment le maïs et le soja, afin de réduire la dépendance extérieure.
Structurer une filière en croissance
Les échanges ont également mis en avant plusieurs axes d’amélioration : développement de zones d’élevage dédiées, renforcement des infrastructures logistiques, promotion de l’innovation et montée en compétence des acteurs.
L’accent a été particulièrement mis sur la formation professionnelle, la biosécurité et le suivi technico-économique des exploitations, dans une logique de professionnalisation accrue du secteur.
Un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire
Clôturant les travaux au nom du ministre des Ressources animales et halieutiques, le représentant du gouvernement a rappelé que l’aviculture constitue un pilier de la stratégie nationale de souveraineté alimentaire, sous l’impulsion du président Alassane Ouattara.
La filière affiche en effet une dynamique soutenue. La production de viande de volaille est passée de 23 000 tonnes en 2010 à 115 000 tonnes en 2024, couvrant près de 99,5 % des besoins nationaux. La production d’œufs atteint désormais 1,3 milliard d’unités, pour un chiffre d’affaires estimé à 450 milliards FCFA et plus de 300 000 emplois générés.
Vers une consolidation du secteur
Avec plus de 1 800 participants, cette édition des JNA a confirmé l’importance croissante de la filière dans l’économie ivoirienne. Les acteurs appellent désormais à une meilleure coordination autour de l’IPAVI pour renforcer la résilience et la compétitivité du secteur.
Au cœur des enjeux : transformer cette croissance en avantage durable, en maîtrisant les coûts, en structurant les chaînes de valeur et en consolidant l’autonomie alimentaire du pays.
S.A.




