Le projet de centrale thermique à cycle combiné de Songon vient de passer un cap décisif. Le Common Terms Agreement (CTA) — l’accord cadrant les conditions communes de financement entre toutes les parties prenantes — a été signé lundi 1er juin 2026 à Abidjan, en présence des partenaires techniques et financiers du projet. Une étape qui ouvre concrètement la voie à la clôture financière, attendue d’ici la fin de l’année 2026.
423 milliards FCFA, dont 342 milliards pour la construction
D’une capacité de 372 MW, la future centrale représente un investissement global de 423,166 milliards FCFA. La construction de l’infrastructure proprement dite en absorbe l’essentiel : 342,129 milliards FCFA, soit plus de 80 % du coût total du projet. Le portage technique est assuré par le groupe chinois Energy China, dans le cadre d’un modèle Investissement–Construction–Exploitation qui en fait à la fois le constructeur et l’opérateur de la centrale.
Présidant la cérémonie au nom du ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, le directeur général de l’Énergie Ehouman Kalifa Narcisse a salué l’engagement du consortium de banques et d’institutions financières nationales, régionales et internationales mobilisé autour du projet, soulignant que leur confiance dans le modèle économique de Songon constitue un signal fort pour l’attractivité de la Côte d’Ivoire.
Un projet structurant pour l’équilibre du système électrique ivoirien
La centrale de Songon s’inscrit dans une priorité affichée par Abidjan : sécuriser l’équilibre entre offre et demande d’électricité dans un pays dont la consommation progresse au rythme de son industrialisation. Selon le président du conseil d’administration d’Energy China, Ni Zhen, l’infrastructure fournira une électricité stable à plus de 31 millions d’habitants et illustre la confiance des investisseurs internationaux dans l’économie ivoirienne.
Au-delà de la production nationale, le projet est présenté comme un levier de consolidation du positionnement de la Côte d’Ivoire en tant que hub énergétique régional en Afrique de l’Ouest — une ambition portée de longue date par Abidjan, qui exporte déjà de l’électricité vers plusieurs pays voisins.
Le gouvernement a pris des engagements fermes pour accompagner l’exécution du projet : facilitation des procédures administratives, sécurisation de l’approvisionnement en gaz naturel et accès garanti au réseau national de transport d’électricité.
Plus de 2 500 emplois directs et indirects attendus
Sur le plan des retombées locales, le projet devrait générer 1 130 emplois directs durant la phase de construction, 260 postes permanents en phase d’exploitation et 1 172 emplois indirects. Energy China s’est par ailleurs engagé à respecter les standards environnementaux et de sécurité les plus élevés, à favoriser l’emploi local et à soutenir les communautés riveraines du site.
Y.H.




