Nigeria : la raffinerie Dangote tourne à 66 % sur son unité essence, troisième incident en moins d’un an sur la même installation

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La raffinerie Dangote connaît depuis fin mai un nouveau coup d’arrêt sur son unité principale de production d’essence. Selon IIR Energy, cabinet indépendant de surveillance des raffineries cité par Reuters mercredi 10 juin, l’installation tourne à 66 % de sa capacité normale, avec un retour à plein régime attendu à la mi-juin.

Deux pannes simultanées sur l’unité RFCC

L’incident résulte de deux problèmes distincts survenus à quelques jours d’intervalle. Le premier est lié à la qualité du brut traité : la raffinerie a alimenté son unité avec des pétroles trop légers, réduisant l’apport disponible pour son unité de craquage catalytique à résidu (RFCC) — équipement central qui transforme les huiles lourdes en produits à haute valeur ajoutée, notamment l’essence, le diesel et le GPL. Le second est mécanique : une vanne de régulation des gaz de combustion a lâché fin mai. « Les travaux de réparation sur ce problème sont presque terminés », précise IIR Energy.

Les exportations d’essence chutent de 81 000 à 10 000 barils par jour

L’impact commercial est immédiat et significatif. Les livraisons d’essence vers les marchés étrangers sont passées de 81 000 barils par jour en avril à seulement 10 000 barils par jour en début juin, selon Naija247News — une contraction de près de 88 % en deux mois.

Cette réduction survient dans un contexte de prix élevés à la pompe au Nigeria. Le litre d’essence se négociait entre 1 248 et 1 364 nairas début juin, soit 0,85 à 0,93 dollar — bien au-delà des 950 nairas anticipés par la Banque centrale pour l’ensemble de l’année. Une pression amplifiée par la fermeture du détroit d’Ormuz fin février, qui a fait bondir les prix à la pompe de près de 65 % depuis avril selon CNBC Africa.

Troisième incident sur la même unité, une installation encore en rodage

Ce n’est pas la première fois que la RFCC pose problème. En août 2025, la même unité avait été mise à l’arrêt complet pendant plusieurs semaines, avant de redémarrer à 60 % de capacité en octobre. Ces incidents répétés sur le même équipement illustrent les défis d’une installation de 20 milliards de dollars encore en phase de montée en régime : la raffinerie n’a atteint sa pleine capacité nominale qu’en février 2026, après une mise en service progressive entamée fin 2023.

Les ambitions d’Aliko Dangote restent pourtant inchangées. Son directeur général David Bird a annoncé début juin à la conférence S&P Global Energy à Londres une extension de la capacité à 1,4 million de barils par jour d’ici 30 mois — une trajectoire qui supposera de stabiliser durablement les performances opérationnelles de l’unité la plus critique du site.

A.S.

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