Le Conseil du cacao ghanéen (Cocobod) a annoncé le 12 juin la reconduction du prix d’achat aux producteurs pour la campagne intermédiaire qui s’ouvre le 18 juin. Le prix bord-champ reste fixé à 41 392 cedis la tonne, soit environ 3 728 dollars — le même niveau que celui établi en février 2026, lors d’une réduction de 28,6 % décidée en réponse à la dégringolade des cours internationaux.
Ce choix de stabilité intervient dans un contexte de marché particulièrement déprimé. Les cours du cacao ont clôturé à 3 779 dollars la tonne à New York le 12 juin, contre 8 000 dollars en août 2025 au lancement de la campagne — soit une chute de près de 53 % en moins d’un an sur l’ICE.
Un équilibre à tenir entre revenus producteurs et compétitivité à l’export
En février, la réduction du prix bord-champ avait été rendue nécessaire par l’accumulation de stocks dans les ports ghanéens, les négociants refusant d’acheter à des niveaux jugés non compétitifs face aux cours mondiaux. L’ajustement avait permis de rétablir la fluidité des achats. En maintenant ce prix pour la petite traite, Accra cherche désormais à offrir de la visibilité aux producteurs tout en préservant l’attractivité commerciale du cacao ghanéen à l’international.
Un différentiel de prix qui limite la contrebande vers la Côte d’Ivoire
La décision ghanéenne s’inscrit dans un environnement régional où la Côte d’Ivoire a opéré un ajustement bien plus brutal : Abidjan a réduit de 57 % son prix bord-champ lors de la petite traite 2025/2026, le ramenant à 1 200 FCFA le kilogramme — environ 2 110 dollars la tonne. Le prix ghanéen reste ainsi significativement plus élevé que le prix ivoirien, un différentiel qui, paradoxalement, réduit les incitations à la contrebande transfrontalière du Ghana vers la Côte d’Ivoire et contribue à maintenir la matière première dans le circuit officiel ghanéen.
650 000 tonnes en vue pour la campagne 2025/2026
Sur le plan de la production, le Cocobod tablait en mai sur une récolte totale de 650 000 tonnes à la fin de la campagne 2025/2026 — soit une progression de 8,3 % par rapport aux moins de 600 000 tonnes de la saison précédente. Une reprise de production qui, si elle se confirme, renforcera le poids du Ghana dans l’offre mondiale, dans un marché où la pression sur les prix devrait perdurer tant que la demande industrielle ne se redresse pas.
Y.H.




