La compagnie minière australienne Aurum Resources a publié jeudi 11 juin l’étude de préfaisabilité de son projet aurifère Boundiali, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Les chiffres sont attractifs : une valeur actuelle nette après impôt de 1,5 milliard de dollars, un taux de rendement interne de 119 % et une production annuelle moyenne de 185 000 onces sur les cinq premières années, pour un investissement initial de construction estimé à 342 millions de dollars. Sur la durée de vie du projet — 11 ans —, la mine devrait livrer 1,5 million d’onces au total.
Le plan minier retient un prix consensuel de l’or de 4 076 dollars l’once, niveau cohérent avec les cours actuels. La prochaine étape est la publication d’une étude de faisabilité définitive (DFS) d’ici fin 2026, qui devra confirmer les paramètres techniques et économiques avant une décision finale d’investissement — avec pour objectif de lancer la construction à temps pour une mise en production en 2028.
Un pipeline de projets qui alimente la course aux 100 tonnes
Boundiali s’inscrit dans un pipeline de développements qui donne de la substance à l’objectif ivoirien de 100 tonnes d’or par an au cours de la prochaine décennie, contre 59,33 tonnes produites en 2025. Le canadien Montage Gold prépare l’entrée en production de la mine Koné d’ici la fin de l’année. Endeavour Mining et Resolute Mining ciblent toutes deux 2028 pour leurs projets respectifs Assafou et Doropo. À ces chantiers s’ajoutent la prolongation de Bonikro jusqu’en 2036 et la montée en cadence d’Agbaou sous Allied Gold — bientôt Zijin Mining.
Le nouveau code minier, variable de risque à surveiller
Pour que ces promesses se traduisent en mines opérationnelles, l’environnement réglementaire jouera un rôle déterminant. Le gouvernement ivoirien prépare l’adoption d’un nouveau code minier — un exercice politiquement sensible. L’expérience malienne, où le code minier de 2023 a engendré des tensions significatives avec les opérateurs en modifiant l’équilibre entre intérêts de l’État et droits des investisseurs, illustre les risques que peut faire peser ce type de réforme sur les décisions finales d’investissement. Pour Abidjan, préserver l’attractivité du cadre tout en captant davantage de valeur ajoutée nationale constituera l’un des arbitrages centraux de la prochaine décennie minière.
Y.H.




