Le Sénégal a lancé samedi 4 juillet le Programme d’appui à la stratégie de souveraineté alimentaire (PASS), doté d’une enveloppe de 150 milliards FCFA — environ 261 millions de dollars — sur six ans. Élaboré en partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), le programme couvrira dix régions du bassin arachidier élargi et de la Haute Casamance.
Un déficit structurel de 1,8 milliard de dollars d’importations alimentaires
L’ampleur du programme doit être mise en regard de celle du problème qu’il entend résoudre. Selon un rapport de la CNUCED publié en juillet 2025, le Sénégal a importé près de 1,8 milliard de dollars de produits agricoles et alimentaires entre 2021 et 2023 — une facture annuelle qui pèse lourdement sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux. Le PASS s’inscrit directement dans la stratégie nationale de souveraineté alimentaire, dont l’objectif central est de réduire cette dépendance aux importations.
Trois axes : production, valorisation, gouvernance
Le programme repose sur trois piliers. Le premier vise la sécurisation et la diversification des productions agricoles, avec un accent sur l’intensification de l’irrigation pour réduire la vulnérabilité aux sécheresses — un engagement pris lors du Forum Dakar+10. Le second cible la valorisation des produits par le développement des marchés territoriaux et des chaînes de valeur agricoles. Le troisième porte sur le renforcement de la gouvernance et du suivi-évaluation.
Le PASS privilégie les exploitations familiales et les entrepreneurs agricoles les plus vulnérables, avec une attention particulière aux femmes et aux jeunes — deux segments sous-représentés dans l’accès aux financements et aux intrants agricoles.
A.S.




