L’Africa Finance Corporation (AFC) a annoncé mardi 23 juin la mise en place d’un fonds de 108,3 millions d’euros — environ 123 millions de dollars — destiné à moderniser l’agriculture togolaise et renforcer la sécurité alimentaire du pays. D’une durée de 10 ans, cette enveloppe financera l’acquisition, l’assemblage et la distribution d’un parc d’équipements considérable : 2 126 tracteurs-remorques, 1 020 semoirs et moissonneuses-batteuses, 930 unités d’irrigation et 95 systèmes d’adduction d’eau.
Un déficit d’équipement criant face à un potentiel agricole sous-exploité
L’ampleur du financement répond à une réalité documentée. Au Togo, le secteur agricole mobilise près de 60 % de la main-d’œuvre et génère environ 40 % du PIB, mais reste freiné par des limites structurelles majeures : seuls 37 % des ménages agricoles utilisent des engrais, 8 % recourent à des semences améliorées, moins de 1 % ont accès à l’irrigation, et à peine 20 % des produits agricoles parviennent jusqu’aux marchés. Selon le cabinet Integrated Industrial Platforms, le pays dispose pourtant de 3,6 millions d’hectares de terres arables — 60 % de sa superficie totale — dont seulement 1,4 million sont actuellement exploités.
Une opération adossée au programme national ProMAT
L’opération s’inscrit dans le Programme de Modernisation de l’Agriculture Togolaise (ProMAT), dont l’objectif est d’améliorer la productivité, renforcer la sécurité alimentaire et accélérer la commercialisation de la production agricole. « La sécurité alimentaire est devenue une priorité de plus en plus urgente pour les pays africains, compte tenu de la volatilité croissante des chaînes d’approvisionnement mondiales et de l’intensification des risques liés au climat », a déclaré Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC.
Pour le Togo, l’enjeu dépasse la seule mécanisation : combler le déficit d’irrigation et de débouchés commerciaux pourrait permettre d’exploiter une part bien plus large des terres arables disponibles, et ainsi transformer un secteur jusqu’ici limité par le manque d’équipement en véritable moteur de croissance et d’exportation.
A.S.




