Le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a rencontré à Paris la communauté ivoirienne établie en France pour présenter la stratégie du gouvernement visant à faire de la diaspora l’un des moteurs du Plan national de développement 2026-2030. La rencontre marque la clôture d’un roadshow européen — avec des étapes à Paris et Bruxelles — organisé en amont du Groupe consultatif des bailleurs et investisseurs prévu les 8 et 9 juillet à Abidjan.
900 milliards FCFA par an, plus que l’aide publique au développement
Le point de départ est un chiffre : la diaspora ivoirienne transfère chaque année plus de 900 milliards FCFA vers la Côte d’Ivoire, un montant qui dépasse celui de l’aide publique au développement reçue par le pays. Ces flux alimentent aujourd’hui principalement la consommation, la santé et l’immobilier résidentiel. L’ambition du gouvernement est de les réorienter partiellement vers des investissements productifs, dans les secteurs prioritaires du PND : industrie, numérique, fintech, recherche et technologies émergentes.
Obligations diaspora, fonds d’investissement et guichet unique
Plusieurs mécanismes sont annoncés pour concrétiser cette transformation : des emprunts obligataires dédiés à la diaspora, un fonds d’investissement spécifique, un guichet unique pour faciliter les démarches d’investissement depuis l’étranger et des dispositifs de sécurisation des projets. Ces instruments s’ajoutent au protocole déjà signé entre la BRVM et le ministère chargé des Ivoiriens de l’extérieur — couvert par Affaires & Entreprises — qui prévoyait notamment des « Diaspora Bonds ».
Le gouvernement entend également valoriser les compétences des Ivoiriens de l’extérieur pour les mobiliser au service des secteurs stratégiques, dans une logique de transfert d’expertise complémentaire aux apports financiers.
70 % du PND attendus du secteur privé
Ces annonces s’inscrivent dans un PND 2026-2030 qui prévoit un programme d’investissements de plus de 114 838 milliards FCFA, dont 70,2 % doivent être financés par le secteur privé — national, diaspora et international. La mobilisation de la diaspora constitue l’un des leviers identifiés pour tenir cet objectif ambitieux, dans un contexte où les bailleurs publics traditionnels réduisent leurs enveloppes et où le financement privé doit prendre le relais.
Y.H.




